• France : Un jardin parisien baptisé du nom de Kateb Yacine

     

    France : Un jardin parisien baptisé du nom

    de l'écrivain algérien Kateb Yacine

    France : Un jardin parisien baptisé du nom de Kateb Yacine

    L’écrivain algérien Kateb Yacine (1929-1989) était en classe de troisième à Sétif le 8 mai 1945. 

    En 1982, il raconte et analyse devant la caméra de René Vautier, dans «Déjà le sang de mai ensemençait novembre», le massacre commis ce jour-là et les jours suivants par l’armée française et des milices de colons. 

    France : Un jardin parisien baptisé du nom de Kateb Yacine

    La mairie du 13e arrondissement de Paris a baptisé samedi dernier un jardin du nom de l’écrivain algérien Kateb Yacine. Pour le maire Jérôme Coumet, par ce geste «la mairie a voulu rendre hommage à un géant de la littérature francophone et à un homme de combat». Après Slimane Azem et Matoub Lounès, la mairie du 13e arrondissement de Paris a baptisé, samedi dernier, un jardin du nom de l’écrivain algérien Kateb Yacine.

    France : Un jardin parisien baptisé du nom de Kateb Yacine

    C’est un beau jardin partagé situé derrière la mairie, au niveau de la rue Watteau. L’idée est venue de l’association berbère «Ameslay», qui veut dire parole en kabyle. Elle active pour faire reconnaître l’apport des intellectuels algériens au patrimoine culturel et artistique français. Auteur trilingue, Kateb Yacine a honoré la langue française dont il disait toujours qu’elle était un «butin de guerre».

    Il s’est également consacré à l’émergence d’un véritable théâtre populaire en langues arabe et berbère. Dans son discours, M. Jérôme Coumet, maire du 13e arrondissement de Paris, a rendu hommage à l’un des «grands écrivains francophones de la littérature algérienne», au «poète», au «dramaturge», mais aussi à «l’homme de combat».

    Evoquant le parcours de Kateb Yacine, le maire dira qu’il «a participé aux manifestations du 8 mai 1945 alors qu’il n’était qu’en 3e. Une manifestation qui a fait des milliers de morts du côté algérien et qui gagne à être mieux connue en France», selon lui. Kateb Yacine reste «l’un des plus grands écrivains que je connaisse.» M. Coumet a ajouté: «Evidemment, ces événements ont forgé une grande partie de sa réflexion (à Kateb Yacine) et de son œuvre.

    Après l’indépendance de l’Algérie, il a poursuivi son combat pour la liberté. Il a défendu notamment l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que beaucoup d’autres causes qui étaient justes».

    Parlant du livre «Nedjma», le maire du 13e l’a qualifiée de «révélation», et «l’œuvre qui fera de Kateb l’écrivain un précurseur dans la littérature maghrébine». Et d’enchaîner : «Ecrire en français n’a pas suffi à Kateb Yacine. Pour s’adresser à son peuple et à ses amis, il se met à parler en arabe algérien et à écrire des pièces de théâtre qu’il fera traduire en langue berbère». Partisan des échanges culturels entre l’Algérie et la France, M. Coumet a indiqué que rendre hommage à Kateb Yacine, «c’est aussi rendre hommage à une double culture».
    Kateb Yacine,

    Un amoureux des jardins 

    Pour le maire, ce n’est pas un hasard si le nom de Kateb Yacine est apposé sur la plaque d’un jardin du 13e arrondissement, puisque le 13e a toujours entretenu une relation forte et féconde avec l’Algérie, notamment au travers des cultures berbères et babyles.

    «Moi je n’ai pas une relation directe avec l’Algérie, dira M. Coumet. Mais mon père était professeur à Oran pendant la guerre d’Algérie». De son côté, Amazigh Kateb, fils de Kateb Yacine, a remercié la mairie du 13e arrondissement d’avoir donné le nom de son père à un jardin car «précisément, Kateb Yacine aimait beaucoup les jardins où il flânait sans relâche». Il a ajouté: «Une fois, j’ai demandé à mon père pourquoi il lisait des livres dans les jardins. Il m’a répondu que c’est parce qu’il aimait les bibliothèques sonores, là où on ne demande pas aux gens de garder le silence, comme c’est le cas des bibliothèques officielles».

    Il a ajouté : «Yacine n’avait qu’une envie, c’est de voir son pays vivre dans un grand parc de liberté».

    Kateb Yacine (1929-1989) est un romancier et dramaturge algérien. Son engagement précoce, dès les manifestations du 8 mai 1945, a guidé son parcours politique et littéraire. Après l’indépendance de l’Algérie, il a poursuivi son combat pour la liberté en défendant notamment l’égalité de la femme et de l’homme. Nedjma constitue son œuvre majeure. Ecrit en français, il est considéré comme fondateur de la littérature algérienne moderne de même que plusieurs pièces désormais inscrites au programme de la Comédie-Française.

    Pourfendeur du régime de Boumediene et de l’Etat algérien jusqu’à sa mort, Kateb Yacine aura passé toute sa vie à défendre les valeurs humaines et universelles et à œuvrer pour que l’Algérie retrouve sa véritable identité. Les promeneurs du jardin Yacine auront à chaque fois une pensée pour l’homme de lettres.

    SOURCE : https://www.elwatan.com/pages-hebdo/france-actu/france-un-jardin-parisien-baptise-du-nom-de-kateb-yacine-13-10-2018 

     

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