• Blida à Metz : Appel à témoignages pour se souvenir

     

     

    Blida à Metz : Appel à témoignages

     pour se souvenir

    Blida à Metz : Appel à témoignages   pour se souvenir

    Yvon Schléret et Marie Bragard sont les porte-paroles du collectif Juillet 1961. Ils demandent la pose de deux stèles à la mémoire des morts : l'une à Metz ; l'autre à Montigny. Photo Karim SIARI 

    Lorsqu'on parle de Blida aux Messins en ce mois de février 2019, ils pensent immédiatement à ce lieu branché de création artistique et numérique situé dans les anciens locaux des transports en commun de l'agglomération. Au pire, ils évoquent le Camp de Blida qui, au même endroit, accueille de manière sporadique des réfugiés en attente d'un toit. Mais la plupart des Messins d'aujourd'hui ignore que Blida est d'abord une ville de la banlieue d'Alger qui a un passé commun avec Metz, une ville qui a donné son nom à cette grande avenue à la périphérie du centre-ville. 

    Le Collectif "Juillet 1961" a pris l'initiative d'un travail de mémoire sur cette époque où Blida était surnommée "la filleule de Metz". Il prépare une conférence sur le jumelage de 1956 à 1962 entre la ville de Metz et celle de Blida en Algérie.

    Dans le cadre de cette conférence annoncée pour le 5 juillet 2019, le collectif recherche des témoignages de personnes ayant participé d’une manière ou d’une autre à ces échanges ou ayant vécu à Metz durant cette période.

    Depuis sa création en juin 2016, ce collectif messin, réunissant des personnes de divers horizons, a engagé un véritable travail de mémoire, indispensable à la réconciliation. Les membres du collectif ont notamment contribué à faire connaître un épisode tragique de la guerre d’Algérie en Moselle, largement occulté par les livres d’histoire, celui qui s’est déroulé dans la nuit du 23 au 24 juillet 1961 à Metz.

    Pendant toute une nuit et une journée, 400 paras du 1er régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP), ont mené une véritable « chasse à l’homme » à la gare de Metz et dans le quartier du Pontiffroy, visant de nombreux immigrés algériens qui y vivaient. Le bilan officiel dénombre quatre morts et vingt-sept blessés ; selon les multiples témoins de l’époque, les victimes seraient bien plus nombreuses.

    Le Collectif Juillet 61 soutient aujourd’hui toutes les initiatives qui permettent d’apporter un éclairage sur cette période de l’histoire franco-algérienne. Il s’intéresse particulièrement au travail du jeune chercheur, Lucas Hardt, auteur de la thèse de doctorat, soutenue en 2017, "Entre fronts et espaces. Des migrants algériens en zone frontalière lorraine (1945-1962)" qui poursuit aujourd’hui ses recherches dans ce domaine et notamment sur le jumelage Metz- Blida.

    Par ailleurs, le collectif recherche également des témoignages de femmes algériennes ayant participé activement à la « guerre de libération nationale » en Lorraine, pour un projet de film documentaire portée par une étudiante.

    Contact : Collectif Juillet 61 - collectifjuillet61@gmail.com 

    SOURCE : http://www.maglor.fr/maglor/actualite-regionale/blida-%C3%A0-metz-appel-%C3%A0-t%C3%A9moignages-pour-se-souvenir 

    La Nuit des paras à Metz :

     enquête sur une ratonnade

    La Nuit des paras à Metz :   enquête sur une ratonnade

    Metz a vécu des heures sanglantes, les 23 et 24 juillet 1961 : après une rixe qui a mal tourné, 300 parachutistes du 1er RCP mettent les quartiers arabes à sac. Un webdocumentaire retrace ces événements tragiques et occultés.

    Quatre morts et 27 blessés selon les sources officielles, cinquante blessés et un nombre de morts bien supérieur, selon de nombreux témoignages : quelle que soit la vérité, l’expédition punitive, la ratonnade menée dans la nuit du 23 juillet puis le 24 juillet 1961, à Metz, par quelque trois cents parachutistes est un épisode dramatique de notre histoire récente. Un épisode pourtant largement méconnu qu’un webdocumentaire, La Nuit des paras, propose désormais de découvrir.

    Eté 1961 : la fin de la guerre d’Algérie est proche. Alors que l’épilogue semble écrit et l’indépendance inévitable, les antagonismes s’accusent. En Lorraine, ils « sont particulièrement vifs », explique Laura Tared, enseignante, historienne et coauteur, avec Jean-Baptiste Allemand, diplômé en webjournalisme de l’université de Metz, de La Nuit des paras. Si les tensions y sont exacerbées, c’est d’abord parce que la Lorraine est une terre d’accueil pour les populations algériennes.

    C’est aussi parce que des liens anciens et profonds existent entre Lorrains et populations européennes d’Algérie, dont une partie s’est installée de l’autre côté de la Méditerranée après la perte de l’Alsace-Moselle, en 1871. Pour ceux qui sont restés, ces colons symbolisent le refus de l’annexion. Des cousins exilés dont on se sent naturellement solidaires.

    Coups de feu

    « S’ajoute à cela, l’installation récente en ville d’un régiment de paras, jusqu’alors basé à Philippeville (actuelle Skikda, NDLR) », raconte Laura Tared, auteure d’une thèse de doctorat sur la guerre d’Algérie en Lorraine. Ces 2 500 soldats appartiennent au 1 er régiment de chasseurs parachutistes (1 er RCP). Trois mois plus tôt, ils ont pris une part active au putsch des généraux, à Alger. Saqués, ils ont été renvoyés en métropole. Beaucoup sont amers et veulent en découdre. Un comble : ils atterrissent à Metz, ville-garnison qui compte une très forte communauté maghrébine. Ce mélange instable n’attend dès lors qu’une étincelle pour exploser.

    Celle-ci survient dans la soirée du 23 juillet, au dancing Le Trianon, rue de Pont-à-Mousson, à Montigny-lès-Metz. Les témoignages divergent sur l’origine de la rixe qui oppose une quinzaine de paras et des clients maghrébins. « Les premiers auraient cherché querelle à un client, ne supportant pas qu’il danse avec une " blanche "», rapporte l’historienne messine.

    Mal leur en a pris. Ce dernier, probablement militant FLN, est armé. Il fait feu et s’enfuit. Selon les sources, il y aurait eu entre deux et une quarantaine de coups de feu. Ce qui est certain, c’est que deux hommes tombent : le barman et l’un des paras, abattu devant le temple protestant alors qu’il poursuit le tireur. La fureur gagne les militaires. Un sous-officier monte sur une table et sonne l’hallali. Ils sont d’abord quelques dizaines, puis 300 « lâchés » sur la ville à la recherche de « tout ce qui est bronzé ».

    Un attentat ?

    Les violences, dans le quartier de la gare d’abord, puis au Pontiffroy, vont durer une bonne partie de la nuit. Elles se poursuivront le lendemain, de façon sporadique. Les victimes sont traquées jusque dans les entrées d’immeubles pour être tabassées. Un marchand ambulant est molesté et jeté à la Moselle au pont Saint-Georges. À la gare, un Italien qui débarque en Lorraine est roué de coups. Sa seule faute : avoir le teint un peu trop mat… Les dégâts matériels sont également importants. Rétrospectivement, on pense aux violences survenues à Paris, le 17 octobre de la même année.

    Finalement, les autorités civiles et la police militaire ramèneront le calme au bout de trente-six heures en faisant boucler le quartier maghrébin « pour le protéger ».

    11 000 arrestations

    L’enquête qui suit est de très grande ampleur : « Près de 11 000 arrestations à Metz mais aussi dans les vallées de l’Orne, de la Fensch et en Moselle-Est. Le but était de porter un coup fatal au FLN… »

    Les résultats sont au rendez-vous avec, notamment, l’arrestation, en août, de trois militants algériens, auteurs présumés de ce qui est, entre-temps, devenu « l’attentat du Trianon ».

    Les chasseurs parachutistes, eux, seront simplement consignés au quartier pendant quarante-huit heures.

    herve.boggio@republicain-lorrain.fr

    www.lanuitdesparas.com

    Hervé BOGGIO.

     

     

     

    « Non au racisme sous toutes ses formes *** Un article de Jacques CrosAntisémitisme, islamophobie, négrophobie… la lutte contre le racisme ne se divise pas »
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  • Commentaires

    1
    Mardi 19 Février à 11:11
    Horribles événements qui ont sali l’armée de la République
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