• Colonisation et guerre d'Algérie défi mémoriel du quinquennat ?

     

     

    Colonisation et guerre d'Algérie défi mémoriel du quinquennat ?

     

     

    Dans le numéro 588 de son journal  « L’Ancien d’Algérie » la FNACA donne sa position sur le travail de mémoire qui a été confié, côté français, à Benjamin Stora. C’est bien sûr un domaine qui correspond tout-à-fait à la nature de cette fédération de soldats qui ont participé à la guerre d’Algérie et aux combats du Maroc et de Tunisie.

    Le colonialisme ? C’est hors sujet, cette question est laissée au libre arbitre de chacun. Apparemment la FNACA ne fait pas le lien avec la nature de la guerre d’Algérie, et plus généralement les guerres coloniales qui, c’est pourtant patent, avaient pour objectif de perpétuer le système social qui était la norme dans les pays que nous avions soumis à notre domination.

    La conquête de l’Algérie et ses atrocités ? On ne va pas en parler puisque les adhérents de la FNACA n’y ont pas participé. Ces données historiques ne présentent pas d’intérêt !

    Sur l’un et l’autre de ces deux aspects chacun est libre d’avoir l’opinion de son choix. C’est que cette fédération de soldats ayant participé à la guerre d’Algérie ou aux combats du Maroc et de Tunisie ne saurait se prononcer sur une question éminemment politique. Il est cependant exact que son silence en la matière alimente l’idéologie de ceux qui sont attachés à une certaine idéologie.

    Une idéologie qui a conduit à la guerre d’Algérie qui concerne précisément les appelés du contingent qui ont eu le malheur d’avoir 20 ans en ces temps-là et qui ont nécessairement souffert du rôle qu’on leur a fait jouer. Mais si la FNACA déclare avoir le souci de la défense des intérêts matériels et moraux de ses adhérents cela ne va pas jusqu’à mettre en cause le mécanisme qui les a amenés à perdre de longs mois de leur jeunesse, et quelquefois plus, dans cette guerre anachronique, injuste et sans issue prévisible autre que l’indépendance de l’Algérie…

    La FNACA invite toutefois les anciens d’Algérie à apporter leurs témoignages sur ce qu’ils ont vécu. Ici les situations sont très diverses. Tout le monde n’a pas été confronté aux exactions commises. Mais chacun a pu prendre connaissance de la misère qui touchait la grande masse des autochtones et du racisme consubstantiel qui l’accompagnait.

    La domination militaire qui permettait au système de se maintenir était parfaitement perceptible et ce qu’on demandait aux conscrits s’inscrivait dans une telle logique. On relève à ce propos les carences d’une fédération dont ce serait la responsabilité de faire le point sur le but qui était assigné aux militaires engagés dans cette affaire…

    Jacques Cros 

     

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