• Je ne reconnais plus la commémoration du 19 mars 1962 au Mémorial de la guerre d’Algérie à Paris

     

    Je ne reconnais plus la commémoration

     du 19 mars 1962 au Mémorial de la guerre d’Algérie

    à Paris *** Trop d'occultations *** Trop de réécritures

    de l'Histoire

      Je ne reconnais plus la commémoration du 19 mars 1962 au Mémorial de la guerre d’Algérie à Paris

     

    Dans la vidéo que vous pourrez visionner à la fin vous pourrez entendre la ministre déléguée aux anciens combattants dans un discours où elle évoque entre autres les tragédies des 26 mars et du 5 juillet 1962. Son discours commence à partir de la 19e minute.

    Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est permis de falsifier gravement l’histoire, en particulier le 26 janvier dernier en évoquant la fusillade du 26 mars 1962 à Alger. Il a considéré que le 4e RTA était seul responsable de la fusillade des manifestants de l’OAS : il a « oublié » d’évoquer qu’un commando de l’OAS était juché sur les toits et balcons et avait ouvert le feu sur la troupe. Cette falsification ne peut s’expliquer que par une volonté de récupérer des voix zémouriennes et lepénistes aux prochaines élections. Une telle expression de la part d’un président de la République, donnant une version officielle mais volontairement fausse parce que tronquée est un scandale inacceptable. Il y avait déjà eu un précédent, le 26 mars dernier, avec le dépôt d’une gerbe au mémorial du Quai Branly, en son nom, par sa ministre : la première fois qu’un président de la République osait une telle provocation. Ce président, par cette presque « réhabilitation » de l’OAS, semble donc oublier son caractère terroriste, fascisant, qui n’avait pas hésité à mettre en cause la République française par un putsch et les tentatives d’assassinat de son président de la République d’alors. Nul doute que l’instrumentalisation de cet anniversaire n’est pas terminée, même si l’actualité, avec la Russie et l’Ukraine, va mettre au second plan ce débat. Il est urgent et indispensable que la France reconnaisse et condamne sa responsabilité dans les crimes commis en son nom à cette période-là. C’est une démarche indispensable pour que des relations apaisées, ouvrant à un traité d’amitié, de coopération entre nos deux pays qui ont un tel passé commun puisse voir le jour.

     

    Dépôt d'une gerbe, au nom du Président de la République, aux victimes du 26 Mars 1962, rue d'Isly… Sans doute l’OAS n’a pas existé pour M. Macron ?

    Dépôt d'une gerbe, au nom du Président de la République, aux victimes du 26 Mars 1962, rue d'Isly… Sans doute l’OAS n’a pas existé pour M. Macron ?

     

     

    Mais vous avez occulté l’OAS en Algérie

    Suite à la proclamation du cessez-le-feu entre la France et le FLN (accords d'Évian), le 19 mars 1962, qui marque officiellement la fin de la guerre d'Algérie, le Haut-Commandement de l'OAS (général Raoul Salan) lance un appel aux Français d'Algérie le 22 mars 1962.
    Les troupes du contingent sont déclarées comme une force d'occupation. Un combat fratricide, la bataille de Bab El Oued, débute le 23 mars 1962. Elle oppose l'Armée Française (général Charles Ailleret) aux Commandos Delta dans le quartier européen d'Alger.
    Le dénouement de ce siège est la fusillade de la rue d'Isly, le 26 mars 1962. Le bilan officiel fait état de dizaines de morts et de centaines de blessés, pourtant la guerre d'Algérie est censée être terminée...
     

    Le 18 mars 1962, des accords sont signés à Evian par le gouvernement français et le gouvernement provisoire de la République Algérienne (GPRA). Ces accords qui allaient pouvoir mettre fin à la guerre d’Algérie stipulaient, dans leur Article 1, que le cessez-le-feu serait proclamé le 19 mars 1962 à midi sur le terrain par les Etats-majors de l’Armée française et de l’Armée de Libération Nationale Algérienne.  

    Le même 18 mars, l’OAS présente publiquement les accords d’Evian  de façon tronquée.  

    Le 19 mars les suppléments hebdomadaires des journaux algériens « La Dépêche quotidienne » et « Le Journal d’Alger » se font largement l’écho de l’OAS et annoncent « l’abandon complet de la minorité européenne livrée aux tueurs du F.L.N. »  

    Le 19 mars, alors que le général Ailleret proclame le cessez-le-feu, une émission pirate de l’OAS diffuse une déclaration du général Raoul Salan – chef de l’OAS – qui condamne le cessez-le-feu et donne l’ordre de « commencer immédiatement les opérations de harcèlement dans les villes, contre les forces ennemies », c'est-à-dire l’armée, le contingent, les CRS, les gendarmes, les policiers, etc.  

      Le 20 mars :  

    A  Oran l’OAS règne et multiplie – depuis des jours déjà – fusillades, ratonnades et hold-up sous les ordres de Jouhaud et de ses adjoints.  

    Une édition spéciale OAS est tirée à « l’Echo d’Oran » et diffusée à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires Des commandos OAS, en uniforme, parcourent la ville et un affrontement avec l’armée fait 10 morts et 16 blessés.  

    A Alger Un commando « Delta » de l’OAS assassine, dans la cellule du commissariat de police d’Hussein-Dey où ils sont détenus, 4 algériens arrêtés, tandis que d’autres ultras lâchés en ville « ratonnent » dans les quartiers européens qu’ils veulent interdire complètement aux Algériens.  

    - Un détachement OAS tire au mortier sur l’un des endroits des plus populeux d’Alger, la place du gouvernement au bas de la Casbah. Bilan : 24 morts et 60 blessés, tous algériens.  

    Le 22 mars à Oran l’OAS s’empare de tout l’argent liquide de la Banque d’Algérie située Bd Galliéni – Butin : 2 milliards 200 millions de francs de l’époque !  

      Nuit du 22 au 23 mars, Alger  

    Les commandos « Z » de l’OAS s’installent à Bab-el-Oued. Au matin, une patrouille d’appelés du contingent tombe dans leur embuscade : bilan, 3 morts et 3 blessés graves.  

    Les gendarmes mobiles bouclent le quartier. L’OAS tire des balcons, des terrasses, transformant les rues en terrain de guérilla. Malgré l’appui de l’aviation, l’OAS tire à la mitrailleuse sur les gendarmes. Bilan : 15 morts, 70 blessés.  

    Bab-el-Oued est alors bouclée, coupée d’Alger et fouillée durement de fond en comble.  

    Briser le blocus de Bab-el- oued telle est sa dernière chance, estime l’OAS, pour réussir à Alger, et faire oublier aux « pieds noirs » l’échec de la bataille de Bab-el-Oued et l’arrestation de Jouhaud à Oran par le général Katz. et désarmer l’armée en lui opposant une masse de civils désarmés, pour  recréer au centre d’Alger une zone insurrectionnelle.  

    - Le Préfet de police d’Alger, Vitalis Cros, interdit la manifestation, fait diffuser toutes les demi-heures un communiqué, tandis que des voitures haut-parleurs militaires sillonnent la ville pendant toute la matinée, répétant inlassablement – tout au long des rues – la « mise en garde officielle » qui avertit que « les forces du maintien de l’ordre les dispenseront (les manifestations), LE CAS ECHEANT, AVEC LA FERMETE NECESSAIRE ».  

      Le 26 mars à Alger  

     

    Un cortège de 3000 à 4000 européens, descendus du plateau des Glières (au centre d’Alger), se dirige vers Bab-el-Oued pour « affirmer leur solidarité avec le quartier martyr ».  

    A Oran ils occultent l'OAS

    Par Anne Guérin-Castell

    Le 5 juillet à Oran… Tous ceux qui avancent cette date avec la litanie des morts et disparus de ce jour-là oublient de dire la politique de terreur sanglante que menait depuis des mois l'OAS toute puissante dans cette ville, les descentes nocturnes et armées dans les quartiers habités par des Algériens, les snipers pieds-noirs qui depuis le haut de plusieurs immeubles tiraient sur toute personne tentant de sortir ou de rentrer dans le quartier Mdina J'dida (appelé «quartier nègre » !) , la bombe placée dans le même quartier qui a tué de nombreuses personnes et, alors que tout le monde accourait pour porter secours aux victimes, l'explosion d'une seconde bombe  avec un intervalle de temps calculé pour faire un carnage, l'intimidation ciblée des quelques «Européens» favorables à l'indépendance de l'Algérie, les pressions exercées sur les autres pour qu'ils se joignent aux expéditions meurtrières.
    Oran, fief des plus extrémistes et obtus membres de l'OAS, tel celui qui, des années après, déclarait fièrement qu'il n'avait tué personne de sa main mais qu'il en avait fait tuer beaucoup, Oran était devenue une ville de sang bien avant ce funeste 5 juillet, la mort avait été semée dans ses rues par ceux qui aujourd'hui s'accrochent à une histoire falsifiée qu'ils ont transmise à leurs descendants et qui, après la reconnaissance de la responsabilité de l'État dans la mort de Maurice Audin se lamentent pitoyablement : «Et nous, et nous ?»
    Est-ce trop leur demander que d'avoir au moins la pudeur de ravaler leurs larmes et le courage de regarder en face le mal auquel ils ont participé, ne serait-ce que par leur silence, ou qui a été fait en leur nom, au prétexte de les protéger ?
    Ah, disent-ils aujourd'hui, comme on les aimait, les arabes (ça leur arracherait les tripes de dire les Algériens), comme on était proches ! Ah, que je l'aimais, ma fatma, c'est elle qui m'a élevée (sans se rendre compte de ce que peut avoir de choquant l'utilisation de ce nom «fatma» donné indifféremment à toute femme algérienne) !
    Ce n'est pas l'État français qui est responsable de ce qui s'est passé le 5 juillet à Oran, c'est l'OAS et tous ceux qui ont soutenu ces assassins, implicitement ou explicitement, c'est-à-dire ceux-là mêmes qui aujourd'hui se lamentent.

     

    Anne Guérin-Castel

     

     

    « Communiqué de presse de l'association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons France-Algérie : en finir avec la guerre des mémoires »
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  • Commentaires

    2
    aoudia
    Jeudi 24 Mars à 11:59

    le 14 juin 1962, le général Philippe Ginestet commandant le cors d'armée d'Oran est assassiné avec le médecin-colonel Mabille par un tueur de l'OAS, tandis qu'ils se recueillaient à la morge d'Oran devant la dépouille mortelle du lieutenant-colonel Mariot assassiné la veille. Trois officiers généraux abattus par l'OAS en moins de 24 heures. L'OAS a fait beaucoup, beaucoup "mieux" que le FLN contre les officiers généraux français.

    1
    Jeudi 24 Mars à 10:49

    Eh bien merci pour cette mise au point !

    On se sert des malheurs qu'ont vécu les Pieds Noirs et les harkis, en occultant ceux qu'ont connus les Algériens ou les appelés du contingent, pour ne pas approfondir la question de la nocivité du colonialisme et l'atrocité de la guerre menée pour tenter de le perpétuer.

    Evidemment il s'agit d'une opération politicienne, électoraliste plus précisément qui est mise en oeuvre.

    Exit au passage ce qu'étaient l'OAS et les tenants de l'Algérie française est éliminé de l'examen des faits.

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