• Le 6 octobre 2021 le Gouvernement d’Emmanuel Macron va-t-il rendre hommage aux victimes de l’OAS comme il l’a fait le 26 mars 2021 pour les descendants de cette organisation terroriste

     

    Le 6 octobre 2021 le Gouvernement d’Emmanuel Macron va-t-il rendre hommage aux victimes de l’OAS comme il l’a fait le 26 mars 2021 pour les descendants et nostalgiques de cette organisation terroriste ?

    Après la guerre d'Algérie : amnisties/amnésie 

    A partir de la fin de la guerre d'Algérie, les autorités françaises ont promulgué toute une succession d'amnisties et de grâces.

    Ce furent d'abord les décrets promulgués lors des accords d'Évian (les 20 mars et 14 avril 1962) qui effaçaient à la fois les "infractions commises avant le 20 mars 1962 en vue de participer ou d'apporter une aide directe ou indirecte à l'insurrection algérienne", et celles "commises dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre dirigées contre l'insurrection algérienne". Puis vinrent quatre lois successives. La première, du 17 décembre 1964, concernait les "événements" d'Algérie et fut suivie, le 21 décembre, d'une grâce présidentielle pour 173 anciens membres de l'OAS. Celle du 17 juin 1966 amnistiait les "infractions contre la sûreté de l'État ou commises en relation avec les événements d'Algérie". Vint ensuite, en pleine crise de Mai 68 et liée directement à elle, la grâce du 7 juin 68 concernant, cette fois, tous les membres de l'OAS qui étaient encore détenus ; elle fut suivie de la loi du 24 juillet effaçant toutes les infractions liées aux "événements" y compris celles "commises par des militaires servant en Algérie pendant la période". Cette loi, malgré le dépôt d'un amendement socialiste allant dans ce sens, ne stipulait pas encore la réintégration des intéressés dans leurs fonctions civiles ou militaires ni dans leurs droits à porter leurs décorations.

    Ce fut chose faite après l'arrivée de la gauche au pouvoir. Déjà, en 1965, l'extrême droite proche de l'OAS avait été appelée à se rallier à la candidature de François Mitterrand ; l'année suivante, un projet de loi déposé par Guy Mollet, Gaston Deferre et le même François Mitterrand avait proposé le rétablissement des condamnés de l'OAS dans leurs grades et leurs fonctions ; et, en 1972, le programme commun de la gauche ne comportait aucune référence ou allusion aux suites de la guerre d'Algérie ni à la lutte pour la décolonisation. Avant les élections présidentielles de 1981, des négociations menées par des proches du candidat François Mitterrand aboutirent à l'appel du général Salan à voter Mitterrand et, entre les deux tours, à celui de l'organisation de rapatriés le RECOURS à " sanctionner " Valéry Giscard d'Estaing. C'est donc bien dans la ligne de cette politique que fut votée le 3 décembre 1982 la dernière des lois d'amnistie réintégrant dans l'armée les officiers généraux putschistes et permettant même les "révisions de carrière" nécessaires à la perception de l'intégralité de leurs retraites. Cela, au nom de l'argument formulé par François Mitterrand : "Il appartient à la nation de pardonner."

    " La levée des sanctions à l'égard de responsables d'atrocités commises pendant la guerre d'Algérie interdit de vider l'abcès, puisqu'il y a effacement des repères qui distinguent entre ce qui est crime et ce qui ne l'est pas. Les simples exécutants ne seront jamais déchargés d'une partie de leur culpabilité, ou de leur honte. Les responsables, jamais identifiés. Les Français ne feront donc jamais ce que les Américains ont fait pour le Vietnam : juger leurs criminels de guerre. Et, bien vite, cette loi de 1982 qui avait pour justification le pardon commencera, d'abord, par réveiller l'ardeur des nostalgiques de l'OAS. Les leaders d'une extrême droite à 0,8 % des voix, au moment de l'élection présidentielle de 1981, « réintègrent » la vie politique." 

    Benjamin Stora - La gangrène et l'oubli - édition la Découverte - 1998
     

    * En effet l’extrême droite à 0,8 % des voix en 1981 arrive maintenant régulièrement au second tour de l’élection présidentielle avec plus de 20% des voix grâce aux lois d’amnestie.

     

    * En effet on a vu fleurir des stèles en hommage aux terroristes et criminels de l’OAS… En voici deux exemples : 


    Le 6 octobre 2021 le Gouvernement d’Emmanuel Macron va-t-il rendre hommage aux victimes de l’OAS comme il l’a fait le 26 mars 2021 pour les descendants de cette organisation terroriste

    Le 6 octobre 2021 le Gouvernement d’Emmanuel Macron va-t-il rendre hommage aux victimes de l’OAS comme il l’a fait le 26 mars 2021 pour les descendants de cette organisation terroriste

    La stèle de la honte 

    "En finir avec la stèle OAS 

    de Perpignan" 

    Le 6 octobre 2021 le Gouvernement d’Emmanuel Macron va-t-il rendre hommage aux victimes de l’OAS comme il l’a fait le 26 mars 2021 pour les descendants de cette organisation terroriste

    Le 6 octobre 2021 le Gouvernement d’Emmanuel Macron va-t-il rendre hommage aux victimes de l’OAS comme il l’a fait le 26 mars 2021 pour les descendants de cette organisation terroriste

    Béziers : Ménard s'incline devant une stèle glorifiant l'OAS 

     

    Le 6 octobre 2021 le Gouvernement d’Emmanuel Macron va-t-il rendre hommage aux victimes de l’OAS comme il l’a fait le 26 mars 2021 pour les descendants de cette organisation terroriste

    Un article mis en ligne le jeudi 10 février 2011 

    1961-1962. En hommage à toutes les victimes de l’OAS en Algérie et en France

    Les victimes de l’OAS auront leur stèle au Père-Lachaise

    Le Conseil de Paris a décidé à la faveur d’un vote unanime la pose d’une stèle en hommage aux victimes de l’OAS au cimetière du Père Lachaise à Paris (20e).

    Symboliquement, le vote des élus a eu lieu le jour anniversaire de la manifestation du 8 février 1962, à Paris, pour dénoncer les agissements de l’OAS et la guerre d’Algérie.
    Le 8 février, le préfet de l’époque, Maurice Papon, avait donné l’ordre de réprimer la manifestation et 9 manifestants, tous membres de la CGT dont huit communistes, avaient trouvé la mort en tentant de se réfugier dans la station de métro Charonne.

    Le texte sera le suivant : « 1961-1962. En hommage à toutes les victimes de l’OAS en Algérie et en France. Civils, militaires, magistrats, fonctionnaires, élus, défenseurs des institutions et des valeurs de la République ».

    Intervention de Madame Catherine Vieu-Charier, Adjointe au Maire de Paris, chargée de la mémoire et du monde combattant. 

    Apposition d’une stèle en hommage

    aux victime de l’OAS

    dans le cimetière du Père Lachaise 

    Je voudrais d’abord remercier les collègues qui, de droite ou de gauche, sont restés dans l’hémicycle. Et puis je voudrais aussi saluer les enfants des victimes de l’OAS qui ont patienté cet après-midi pour voir cette délibération passer en Conseil de Paris. 

    La décision de la municipalité et du Maire d’apposer une stèle en hommage aux victimes de l’OAS est un événement : c’est le premier monument en France qui va rendre hommage aux victimes de l’OAS.

    Nulle part un tel monument n’existe, même pas à Évian, où pourtant le maire, Camille Blanc, fut assassiné par l’OAS le 31 mars 1961.

    Et, comme l’indique la délibération, il a fallu attendre 1999 pour qu’une loi reconnaisse enfin la guerre d’Algérie et le 19 mars.

    Il est temps aujourd’hui de travailler à entendre et à confronter les mémoires : les soldats du contingent, les harkis, les rapatriés, les Algériens luttant pour leur indépendance et toutes les victimes de cette guerre.

    La Ville de Paris a déjà commencé un travail avec le Mémorial au Père Lachaise en hommage aux 747 parisiens morts pour la France en Afrique du Nord, avec la plaque du pont Saint Michel en souvenir des victimes du 17 octobre 1961, avec le monument en mémoire des harkis et des victimes civiles dans le jardin de la Butte du chapeau rouge, avec la place Maurice Audin, la place du 8 février 1962 au métro Charonne et la place du 19 mars 1962, date officielle du cessez-le-feu.

    Il est important aujourd’hui de rendre hommage aux 2.200 victimes de l’OAS, qu’elles soient civiles ou militaires. Et il nous appartient de les sortir de l’oubli, de rappeler qu’elles ont été assassinées parce qu’elles avaient fait le choix de la loyauté, du respect des institutions républicaines, alors qu’elles étaient menacées par un terrorisme de grande ampleur, que ce soit en Algérie ou en métropole.

    L’OAS visait des militaires, des fonctionnaires, des civils, des politiques, parce qu’ils respectaient les choix du gouvernement légitime.

    Nous n’oublions pas que, lors de cette période dramatique pour la France et l’Algérie, un attentat a eu lieu contre le général de Gaulle, Président de la République, ce qui représente pour moi un double outrage, parce que le général de Gaulle était un grand Résistant et qu’il représentait les plus hautes fonctions de la République puisqu’il était Président de la République.

    Je ne citerai pas de nom, car comment choisir entre les victimes ? Mais l’idée de cet hommage a été portée par une association, l’ANPROMEVO, à l’origine, il faut bien le dire, de la demande - et je rappelle aussi qu’elle a été reçue pour la première fois en 2007 par Odette Christienne, ma collègue -, dont le président est Jean-François Gavoury, fils du commissaire Gavoury, chargé de la lutte contre l’OAS, assassiné à Alger le 31 mai 1961, et le secrétaire le Docteur Jean-Philippe Ould Aoudia, fils de Salah Ould Aoudia, assassiné par l’OAS lors du massacre des Centres sociaux le 15 mars 1962 : ils sont présents dans la tribune, et je tiens à les saluer particulièrement, avec émotion et avec amitié.

    Je rappelle aussi, parce que c’est une image qui était très forte - certains s’en souviennent -, l’image de cette petite fille, Delphine Renard, frappée au visage, qui est restée aveugle après l’attentat qui visait André Malraux.

    Je voudrais répéter que les fils et filles de victimes de l’OAS poursuivent inlassablement leur combat pour la vérité, pour la justice, la dignité et pour que cessent, au cœur de la République, ces hommages rendus aux assassins de leurs pères, et l’apposition de cette stèle est un apport à leur juste cause.

    Le Conseil de Paris va s’honorer, dans les secondes qui viennent, en votant cette délibération, je l’espère, à l’unanimité.

    Je vous remercie.

    Catherine Vieu-Charier 

    C’est ainsi que le 6 octobre 2011 la stèle en hommage aux victimes de l’OAS était inaugurée.

    Mais ce que demande maintenant ces victimes c’est que le 6 octobre 2021 un représentant de l’Etat soit présent pour leur rendre un hommage officiel… Car toutes les mémoires doivent être reconnues officiellement.

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 18 Septembre à 11:11

    Il y a effectivement des fautes qui ont été commises à propos du colonialisme et des guerres menées par la France pour tenter de le perpétuer que ce soit en Indochine, en Algérie ou ailleurs.

    Celle d'Algérie a concerné toute une génération puisque les Français qui avaient 20 ans en ces temps là ont été enrôlés pour y participer.

    Il n'y a pas de rupture entre les actes terroristes perpétrés par l'OAS et les exactions commises précédemment par l'armée coloniale. Nous sommes dans la continuité.

    Le colonialisme n'a jamais été condamné par le pouvoir, fut-il de fauche. Et la clarté n'a jamais été faite sur la nature de la guerre d'Algérie. Il n'est que de voir l'absence d'analyse de la FNACA.

    Le parti communiste a une part de responsabilité dont les députés ont voté les pouvoirs spéciaux le 12 mars 1956.

    Le comble a été atteint avec les mesures d'amnistie dont ont pu bénéficier sous De Gaulle puis sous Mitterrand ceux qui se sont rangés du côté du putsch d'avril 61 et ont poursuivi au sein de l'OAS. Déjà avec les dispositions prises après les Accords d'Evian on avait effacé les crimes inhérents au colonialisme et à la guerre.

    Sans doute avait-on joué une stratégie dangereuse, celle qui consistait à faire se développer l'extrême droite pour diviser la droite. Jeu risqué, on en connait la suite ! Cela correspond à une incapacité à analyser ce qui est en cause dans la crise sociao-économique insupportable que nous subissons.

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