• Le quotidien La Marseillaise nous informe Jacques Pradel : prise de conscience d’un pied-noir progressiste

     

    Le quotidien La Marseillaise nous informe

      Le quotidien La Marseillaise nous informe  Jacques Pradel : prise de conscience d’un pied-noir progressiste

    Jacques Pradel : prise de conscience

    d’un pied-noir progressiste

     

      Le quotidien La Marseillaise nous informe  Jacques Pradel : prise de conscience d’un pied-noir progressiste

    Jacques Pradel est installé à Marseille depuis la fin des années 1970. Une ville où il avait débarqué en provenance d’Oran en 1962, avant de rejoindre Paris en stop. PHOTO P.A.

    Itinéraire d’un descendant de colons, qui raconte sa prise de conscience progressive de l’injustice du système colonial. Jacques Pradel, un homme bien déterminé à ce que la parole des pieds-noirs ne soit pas confisquée par l’extrême droite.

    À chaque date commémorative de la guerre d’Algérie, les médias dominants donnent la parole à des pieds-noirs caricaturaux ou leurs héritiers : tempérament de colon chevillé au corps, des nostalgiques de l’Algérie française dont l’accent truculent rendrait plus digeste une xénophobie crasse. L’exact inverse de Jacques Pradel, et de bien d’autres pieds-noirs emmitouflés dans la sobriété mais pas dans l’inaction, comme le prouve le collectif qu’il a créé en 2008 : l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et de leurs amis (ANPNPA). « Ce n’est pas possible de laisser des associations nostalgiques du système colonial parler au nom de l’ensemble des pieds-noirs », pose d’emblée cet homme né en octobre 1944 à Tiaret, alors petite ville du centre-ouest de l’Algérie « où ne se concentrait pas l’essentiel des Européens, contrairement à la côte. C’était plutôt une ville où il n’y avait pas de séparation physique entre les communautés », rappelle Jacques Pradel. Issu d’une « famille de colons et d’un ancêtre chassé du Tarn par la misère fin 1840 », sa prise de conscience de toutes les injustices de la période lui est venue « progressivement ».

    « Pris dans le bain »

    Au gré des lois coloniales, le petit bout de terre concédé à son aïeul se transforme « en deux générations en une immense propriété. J’ai grandi dans un environnement privilégié, mais en même temps, j’avais de la chance que mes parents soient antiracistes, en dépit de leur situation sociale. Je sais, c’est paradoxal car la société coloniale était basée sur un racisme multiétages », confie, regard aujourd’hui extra-lucide, celui qui avait pour meilleur ami un camarade d’école algérien, Kaïli Ouadha. « Ensuite, il y avait beaucoup moins de petits Arabes au collège. La logique du système colonial se souciait bien peu de donner une éducation correcte à tous. À la veille de l’indépendance, une majorité de la population était illettrée », contextualise Jacques Pradel, dont l’esprit refait jaillir un premier gros choc : lorsqu’il aperçoit, depuis son balcon dominant la cour d’une gendarmerie, « un camion qui sort trois cadavres enchaînés. Ils ont été pendus par les pieds sur la grande place de Tiaret ». Mais c’est au moment où son père l’envoie au lycée à Oran, entre 1960 et 62 qu’il voit vraiment « l’horreur de la guerre. C’était une ville où l’OAS a le plus laissé aller sa folie meurtrière. La ville européenne et la ville arabe étaient très séparées. Un jour, j’ai vu une voiture OAS s’arrêter au bout de la rue d’Arzew. Ils ont sorti un type et ont appelé à la foule de le liquider. Il s’est fait lyncher à mort », puise dans ses fantômes de la guerre, ce lycéen de 16 ans « confusément Algérie française. J’étais dans le clan de ceux qui profitent du système. Au lycée d’Oran, il n’y avait plus un seul Arabe. Les ennemis, ce sont les autres : j’étais pris dans ce bain sans avoir la moindre conscience de la réalité de tout cela ».

    Du « brouillard » à l’horizon

    Un mois avant le cessez-le-feu, son lycée ferme ses portes. Retour à Tiaret, où il « mesure la rupture. Un matin, je sors pour aller en ville, et trois gamins me sautent dessus. Moi qui étais bagarreur, je les maîtrise sans difficulté. De l’autre côté de la rue mon ami Kaïli Ouadah et deux autres jeunes regardaient la scène. Ils ne sont pas intervenus. Ça me touchait profondément que mon meilleur ami me tourne le dos. Les choses étaient devenues claires pour tout le monde, mais pas pour moi. Je subissais, sans réfléchir », se remémore Jacques Pradel, qui se fait aborder peu de temps après par un recruteur de l’OAS. Il n’en fallait pas plus pour que son père lui ordonne de partir en France. « Pendant deux mois, j’étais nulle part, dans le brouillard. Plus aucune prise avec la réalité ». C’est dans « le bain nouveau » de sa cité universitaire à Orsay qu’il prendra conscience de ce qu’était réellement la société coloniale. « En France, le fait de me reconnaître parmi les métèques participait de l’idée que je n’étais pas dans mon pays », développe ce déraciné auquel l’attachement à sa terre d’origine « n’est apparu que bien plus tard ». En 1982, un voyage en Algérie lui fait « ressurgir des tas de choses » enfouies en lui. L’idée de laisser le monopole de la parole des pieds-noirs aux associations d’extrême droite lui hérisse le poil. Son combat mûrit jusqu’en 2008, et éclôt sous la forme de l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et de leurs amis. « Avec aussi l’idée que nous sommes sensibles à ce qu’il se passe en Algérie, et pour nos frères algériens en France. Il faut donc se battre contre le racisme contre les Arabes qui est une composante de la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie », souligne Jacques Pradel. À l’heure de la commémoration des 60 ans des accords d’Évian, un leitmotiv animé à Marseille par un collectif d’associations citoyennes initiant des rendez-vous culturels et historiques en 2022. Un programme intitulé L’Algérie au cœur. Un organe mémoriel vital de Jacques Pradel, et de bien d’autres pieds-noirs.

     

    Favoritisme nostalgérique

     à Béziers

      Le quotidien La Marseillaise nous informe  Jacques Pradel : prise de conscience d’un pied-noir progressiste

    Le « Journal du Biterrois » consacre deux pages entières à la venue à Béziers d’un chanteur, inconnu du grand public.

    Sauf qu’avec Robert Ménard, l’idéologie extrême droitière n’est jamais bien loin. La date du concert, c’est le 19 mars. Tous ceux qui ont vécu ou entendu parler de la guerre d’Algérie savent qu’il s’agit d’une commémoration très controversée chez les tenants de l’Algérie Française. C’est pourtant le jour anniversaire du cessez-le-feu en 1962, le lendemain de la signature des Accords d’Evian. « Honte et déshonneur » y voient ceux qui ne font pas mystère de leur « nostalgérie », la nostalgie d’une Algérie toujours colonisée. Robert Ménard a d’ailleurs débaptisé la rue qui portait ce nom à la Devèze.

    Quant au chanteur c’est un certain Jean-Pax Méfret qui n’est pas inconnu au bataillon des anciens de l’OAS, responsable de 2 200 morts en Algérie, 71 en France et 394 blessés dans des attentats. C’est d’ailleurs le nom d’un des participants au putsch des généraux en 1961 que Ménard a donné à l’ex-rue du 19 mars.

    Jean-Pax Méfret chante donc ce « paradis perdu », dont les nostalgiques sont la base électorale de Robert Ménard. Emprisonné après le putsch d’Alger, ce chanteur confidentiel a un répertoire ultra-droitier. Il encense Bastien-Thiry, condamné à mort après l’attentat du Petit Clamart.

    Et cerise sur le gâteau (rassi 60 ans après la fin de la guerre) la salle Zinga Zinga, la plus grande de Béziers, a été offerte au chanteur alors même que les places sont payantes et que la ville est recouverte d’affiches payées par le contribuable qui annoncent le concert. Le 19 mars, les drapeaux de la Ville seront en berne. À part ça, la gestion ménardienne n’est pas idéologique !

    SOURCE : https://www.lamarseillaise.fr/politique/billet-KF10730813 

    Pour vous donner une idée de ce que se permet de chanter cet ignoble personnage, nostalgérique extrémiste rendant hommage à un condamné à mort et fusillé. Attention cette video est d’une violence rare... mise en ligne uniquement pour que l'on comprenne bien de qui l'on parle !!! JE M'EXCUSE AUPRès de ceux que je peux blesser.

    mICHEL DANDELOT

     

     

    « Emmanuel Macron "assume" les gestes mémoriels sur la guerre d'Algérie La France a commémoré samedi le 60e anniversaire des accords d'Evian et du cessez-le-feu en Algérie.Lettre ouverte de Jean-François Gavoury, président de l’ANPROMEVO - à l’attention de M. Patrice Latron, Préfet »
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  • Commentaires

    2
    Dimanche 20 Mars à 15:53

    Jacques Pradel je l'ai rencontré deux fois. La première le 5 juillet 2009 lors d'un rassemblement organisé devant le cimetière neuf de Béziers pour protester contre ceux  qui venaient se recueillir sur la stèle rendant hommage à quatre assassins de l'OAS. La seconde le 14 mars  2015 à l'occasion de la manifestation que nous avions programmée lors du changement de nom de la rue du19mars 1962.

    Nous avons échangé à plusieurs reprises et j'ai lu "Tiaret, les platanes de la place Carnot" . Voici le lien permettant d'accéder à la fiche de lecture consacré à ce livre : http://cessenon.centerblog.net/6570360-tiaret-les-platanes-de-la-place-carnot

    1
    aoudia
    Dimanche 20 Mars à 11:28

    L'auteur écrit : "ils ont sorti un type et ont appelé à la foule de le liquider. Il s'est fait lyncher à mort".

    Ce "type" c'était un homme. On ne se fait pas lyncher, (on ne se fait pas violer). Il a été lunché. (Elle a été violée.) 

    Attention à l'usage des mots.

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