• Le vrai monde *** Roger Frey, le modèle de Christophe Castaner ?

     

    Le vrai monde *** Roger Frey, le modèle de Christophe Castaner ?

     

    Le vrai monde

    Jeudi, 17 Janvier, 2019

    Patrick Apel-Muller 

    « C’est n’être bon à rien de n’être bon qu’à soi. » Le mot de Voltaire venait à l’esprit à l’écoute du long – très long – plaidoyer d’Emmanuel Macron, dans ce qui se voulait l’ouverture du grand débat national. Il a dit oui, il a dit non aux maires parfois émouvants qui l’interpellaient, mais il s’est avant tout livré à un exercice de propagande, semblable à ceux qu’il conduisit lors de la campagne présidentielle. L’ISF ? Pas question. La fraude fiscale ? Pas un mot. Les dividendes record du CAC 40 ? Connaît pas. La hausse du Smic ? Circulez. Le Cice ? Rien de nouveau. Tout juste a-t-il entrebâillé une porte sur la limitation de vitesse à 80 km/h et sur la loi NOTRE. L’exercice est resté loin – si loin – de « la fracture sociale » qu’il a reconnue.

    Le président n’est même pas parvenu à dissimuler une morgue de classe. Après les « illettrées de Gad », « les fainéants », « le pognon de dingue des minima sociaux », « les gens qui ne sont rien », « les Gaulois réfractaires au changement », voici les pauvres « qui déconnent ». Il a même récidivé : « Moi, là ou j’habite, en traversant la rue, je peux vous dire on en trouve », du travail, s’est-il gaussé. Parlait-il de la place Beauvau qui voisine l’Élysée ?

    Pourtant, deux mois après le lancement de la révolte des ronds-points – toujours soutenue par 67 % des Français –, Emmanuel Macron a accusé le coup. Pour la première fois, il a dû prononcer les mots « gilets jaunes » qu’il avait jusqu’alors soigneusement évités et reconnaître que le mouvement lui imposait un « acte II » de son quinquennat. Le « nouveau monde » n’a pas résisté au vrai monde.

    Le grand débat est déjà là, dans les rues et au sein des familles, dans les ateliers et derrière les bureaux. Les syndicalistes, la gauche, les démocrates l’investissent déjà pour que cette colère très juste ne soit pas dévoyée et stérilisée mais se charge de politique au sens le plus noble, la conduite des affaires de la cité au service du plus grand nombre. Elle pourrait bien faire éclater les corsets taillés par le pouvoir et déborder des seuls espaces dédiés.

    Par Patrick Apel-Muller 

    SOURCE : https://www.humanite.fr/editorial-le-vrai-monde-666498?fbclid=IwAR2HIW5XxsK8INZRcZcwONxVARzDUeO6DlI9bjqrNsYdESSkyNg3HJy5ZkI

     

    Le vrai monde *** Roger Frey, le modèle de Christophe Castaner ?

    Roger Frey, le modèle

     de Christophe Castaner ?

    Le vrai monde *** Roger Frey, le modèle de Christophe Castaner ?

    « Je ne connais aucun policier, aucun gendarme, qui ait attaqué des "gilets jaunes" », a déclaré hier le ministre de l’Intérieur, interrogé par les journalistes sur les violences policières.

    Le journaliste David Dufresne a recensé sur son compte Twitter près de 300 cas de violences policières depuis début décembre.

    Le sociologue Fabien Jobard affirme dans l'Humanité : « Depuis novembre, on assiste à un emploi disproportionné [des lanceurs de balle de défense] par la police, qui vise les individus. Au final, le nombre de mains arrachées, de personnes éborgnées ou énuclées est beaucoup plus important qu’en Mai 68. »

    Dans un rapport publié le 17 décembre 2018, Amnesty International dénonce l’usage excessif de la force par la police française : « Des récits de victimes et de témoins, ainsi que des vidéos que nous avons examinées montrent que la police a fait un usage inapproprié des flashball, en tirant sur la foule. Elle a aussi lancé des grenades de désencerclement, qui ne devraient jamais être utilisées dans des opérations de maintien de l'ordre. (…) Outre des manifestants, de nombreux journalistes ont été blessés, et certains ont affirmé avoir été délibérément visés. »

    Christophe Castaner, lui, n’a rien vu et rien entendu.

    A ce stade, il est permis de se demander si ce troisième couteau de la politique, qui a connu une ascension fulgurante grâce à Emmanuel Macron, n’entend pas rester dans l’histoire comme l’un des ministres de l’Intérieur qui aura le plus violemment réprimé les manifestations.

    Même sous Raymond Marcellin, Charles Pasqua ou Bernard Cazeneuve, il n’y avait pas eu autant de violences policières contre les manifestants et il faut remonter aux années 60 pour retrouver un niveau de violence supérieur de la part des forces de l'ordre.

    Sous Christian Fouchet, ministre de l’Intérieur du 6 avril 1967 au 31 mai 1968, une grève des ouvriers du bâtiment fut réprimée dans le sang à Pointe-à-Pitre en mai 1967 : 7 morts selon le bilan officiel de l’époque. En réalité le nombre de victimes fut bien supérieur puisque le secrétaire d’Etat aux DOM-TOM George Lemoine fit état en 1985 de 87 morts !

    Son prédécesseur, Roger Frey, ministre de l’Intérieur du 6 mai 1961 au 1er avril 1967, est resté dans l’histoire comme celui qui a ordonné, avec le préfet Maurice Papon, les massacres du 17 octobre 1961 à l’occasion d’une manifestation organisée à Paris par le FLN. Le chiffre exact des victimes a fait l’objet de nombreuses controverses mais il est de 98 pour la nuit du 17 octobre et d’environ 300 dans une période de 3 mois selon l’historien Benjamin Stora.

    Le duo Frey – Papon récidivera le 8 février 1962 où 9 personnes furent tuées par la police à la station de métro Charonne, lors d’une manifestation organisée par le Parti Communiste contre l’OAS et la guerre d’Algérie.

    Roger Frey fut nommé plusieurs fois ministre entre 1967 et 1972. En février 1974, il fut nommé président du Conseil constitutionnel par le président Pompidou pour 9 ans.

    Pour réprimer le mouvement des gilets jaunes, le président de la République et le ministre de l'Intérieur ont donné carte blanche à des forces de qui bénéficieront d'une totale impunité sur le plan pénal. Dans ces conditions, l’irréparable finira par se produire. M. Castaner sera alors promis à un brillant avenir, dans la grande tradition de la Vème République.

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/marugil/blog/150119/roger-frey-le-modele-de-christophe-castaner 

     

    « Aux communistes qui partagent les articles de la "complosphère/Fachosphère"Violences policières: des blessés parlent »
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  • Commentaires

    1
    Jeudi 17 Janvier à 11:12

    Oui Roger Frey est associé aux massacres du 17 octobre 1961 et de Charonne le 8 février 1962 ! Des massacres qui n'ont pas empêché le cours de l'histoire de se dérouler amenant aux Accords d'Evian et à la fin de la guerre d'Algérie. On peut même considérer que le drame de Charonne a précipité les événements.

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