• Mon blog gêne certains et j’en suis fier...

     

     

    Mon blog gêne certains

     et j’en suis fier

    Un nostalgique de l’armée coloniale en Algérie m’a envoyé un message qui frise la diffamation en prétendant que je suis un traitre à la France et en plus me menace, voici ce qu’il écrit en laissant ses fautes d’orthographe :

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    Vos écrits  

     
     
         
     
     

    c'est un tissu de mensonges vous vous rendez pas compte vous salissez l'ARMEE FRANCAISE ! les pauvres pieds-noirs les harkis les musulmans pro-français !!! vous valoriser les poseuses de bombes !!! monsieur vous êtes un traite a la France ! j'informes les asso d'anciens combattants !
    on va se revoir !

     
     
     

    -- envoyé par gimer  

    marcel.gimer@gmail.com

     
           

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    Alors je me suis aidé d’un article de mon ami Henri Pouillot paru en 2011 pour lui répondre :

    Ah elle était belle l'armée française en Algérie, une armée dont j'ai fait partie pendant 21 mois (contre ma volonté, bien sûr)... mais j'ai eu de la chance je n'ai pas de sang sur les mains, j'ai deux regrets, celui d'avoir perdu 21 mois de ma jeunesse dans "cette très sale guerre d'Algérie" et celui de ne pas avoir eu le courage des déserteurs, des objecteurs de conscience ou des insoumis, alors le dénommé Marcel Gimer qui me menace ferait bien de faire attention à ce qu'il dit... Les tissus de mensonges nous connaissons ceux qui les prononcent... Je lui présente un article de mon ami Henri Pouillot qui commente le film « Algérie, Mémoires meurtries » Un film équivoque, révisionniste.  

    "Notre ami Henri Pouillot a raison d'écrire que ce film est équivoque et révisionniste. Une fois de plus nous remarquons la présentation, en avant-première, par, entre autre, l'UNC, cette association qui fréquente, sur le plan national, les milieux nostalgiques du colonialisme et extrémistes. Pour cela et pour toutes les omissions ou mensonges  "volontaires" ce film ne devra jamais être "une référence historique" Vous pourrez aussi, prendre connaissance des premiers commentaires à cet article et, si vous le souhaitez en écrire, vous-même, sur le Site d'Henri Pouillot  :

    http://www.henri-pouillot.fr/spip.php?article241 

    « Algérie, Mémoires meurtries » 

    Un film équivoque, révisionniste 

    Vendredi 1er avril 2011, par Henri POUILLOT // 50ème Anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie 

    « Algérie, Mémoires Meurtries » 

    Film de Éric BEAUDUCEL et produit par ECPAD (Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense.


     

    Ce film a été présenté en avant première le 31 mars 2011, à l’Ecole Militaire de Paris par l’UNC (Union Nationale des Combattants). Bien que le choix de cette date fut symbolique, le 50ème anniversaire de l’assassinat de Camille BLANC, maire d’Evian par un commando de l’OAS voulant s’opposer aux négociations encours dans cette ville, cet épisode a été oublié dans le film. 

    La présentation de ce film produit par l’ECPAD, faite lors de cette présentation spéciale en avant-première est significative : Au sujet de la Guerre d’Algérie, il fallait réaliser un travail sérieux parce que "on ne s’y retrouvait pas dans ce qui est paru à ce jour", sur cette question. Il a été réalisé "pour ceux qui ne connaissent rien ou sont mal informés, sans rien renier de nos convictions". Présenté de cette façon par l’UNC et l’ECPAD, cela situe bien les objectifs de ce film prévu pour "officialiser" la démarche prévue pour la commémoration du 50ème anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie. Je pense qu’il va y avoir une large diffusion de ce film qui sera considéré comme LA référence sérieuse sur cette Guerre d’Algérie. 

    Ce film est TRÈS habile, remarquable pour les raisons suivantes : 
    Il y a une participation importante de Michel Rocard, de Jean-Pierre Chevènement, de Djoudi ATTOUMI (ancien de l’ALN, adjoint de Amirouche) qui permettent ainsi de donner une caution semblant non partisane.
    Sa façon d’évoquer la Guerre d’Algérie où l’essentiel est évoqué : la torture, l’OAS, les barricades d’Alger en janvier 1960, le putsch d’avril 1961, la fusillade de la Rue d’Isly à Alger du 26 mars 1962, la répression du 8 mai 1945, la bataille d’Alger, les exécutions sommaires…
     

    MAIS les mensonges par "omission" sont atterrants. D’une part les viols, les ratonnades, les villages rasés au napalm, les corvées de bois, des pieds noirs favorables à l’indépendance de l’Algérie,… tout cela n’a pas existé !!! 

    MAIS, dans les aspects évoqués, la présentation des faits est souvent très tendancieuse :
    La torture : oui, elle a existé, mais quand on entend certains dire, comme dans certains reportages vus à la télévision, que tous les militaires ont torturé, c’est un mensonge. J’ai bien l’impression que j’étais directement et personnellement visé dans ces allusions. Je ne l’ai d’ailleurs jamais dit. Mais l’essentiel était d’oublier de dire qu’elle était devenue une institution, une pratique généralisée, même si c’était seulement de petits groupes qui en avaient la charge. A aucun moment l’interrogation sur son "efficacité" sauf celle d’un prêtre qui évoque un cas de conscience : en ayant fait stopper une de ces séances "d’interrogatoires sévères", n’avait-il pas empêché de savoir où étaient cachées les bombes qui allaient risquer de tuer des innocents…
     Le 26 mars 1962 : les spectateurs, ne sauront qu’une chose : ce sont des tirailleurs algériens qui ont tiré sur des manifestants. Ils ne sauront pas que c’est l’OAS qui appelait à mettre en cause le cessez-le-feu signé une semaine plus tôt. Ils ne sauront pas que des tireurs des commandos de l’OAS ont tiré sur les militaires, provoquant ainsi une inévitable riposte.
     Le 8 Mai 1945, les spectateurs sauront qu’il y a eu une centaine d’européens de tués par les Algériens, mais ils ne sauront pas que le déclenchement de cette réaction provient de l’assassinat, par un gendarme d’un jeune scout musulman manifestant sa joie pour ce 8 Mai 45 en brandissant un drapeau algérien.
     

    Les attentats à la bombe à Alger. Le premier a été réalisé par un policier, rue de Thèbes, à la Casbah, mais ce n’est évidemment pas dit. Ce n’est qu’après que le FLN a déclenché ce type d’attentats. L’intervention la négociation menée par Germaine Tillon pour les faire stopper n’est pas évoquée. La trêve avait été respectée tant que les exécutions capitales avaient été suspendues. Un oubli ?
    Le 13 mai 1958. Le scénario présenté est digne d’une fiction ridicule.
    Les barricades d’Alger de Janvier 1960, ce n’est pas beaucoup plus sérieux. "Une poussée de fièvre" ??? Le nombre des victimes militaires est minimisé.
    Les camps de regroupements qui n’étaient autre que des camps d’internement, même avec l’éclairage de Michel ROCARD, sont évoqués avec une banalité indécente, tellement ils sont une procédure officielle de la France, indignes d’un pays se présentant comme la Patrie des Droits de l’Homme.
    "Les crevettes Bigeard" : Comment se fait-il que les témoins consulté, ayant participé aux "Commando Georges" du Général Bigeard n’ont pas évoqué cette "spécialité" ? Ce film qui prétend informer ceux qui ne connaissent pas cette Guerre d’Algérie auraient du savoir que ce Général avait "inventé" une technique infaillible pour se "débarrasser" de prisonniers (sans qu’ils aient été jugés) : ils avaient les pieds scellés dans un bloc de béton avant d’être "largués" dans la mer d’un avion ou d’un hélicoptère. Au début, sans ces sabots en bétons, des Algériens étaient parvenus à rejoindre la côte à la nage. Ce sont des milliers de personnes qui ont été assassinées de cette façon. Pire, peut-être, c’est avec cette technique française exportée en Argentine que sont disparus 30.000 hommes pleurés par le "Folles de la place de Mai". Encore un oubli !!!
    Le putsch du 21 avril 1961 est quand même évoqué, mais l’un des aspects fondamental est "oublié" : le rôle déterminant des appelés du contingent pour l’échec de cette forfaiture.
    Les viols ? pratiqués souvent massivement comme des humiliations des femmes algériennes, mais aussi comme des moyens de torture, du fait de la culture familiale des Algériens ne sont pas évoqués.

    Les Villages rasés au napalm ? Voici un éclat d’une de ces bombes que j’ai ramassé le 26 novembre 2004, sur le sol d’un village, près de Khenchéla, qui comptait 800 habitants et entièrement rasé début novembre 1954. Il y a eu des dizaines, sans doute même des centaines, d’Ouradour mais cela est aussi oublié.
    Le 17 octobre 1961 ou le 8 février 1962 : c’est quoi ? Ces 2 crimes d’État commis à Paris dont le préfet de police Maurice PAPON porte une très lourde responsabilité, n’ont toujours pas été reconnus comme tels ni condamnés. Pourtant, le 17 octobre 61 se sont des centaines d’Algériens qui seront massacrés par la Police Nationale. Le 8 février 62, 9 militants seront assassinés par la Police Nationale au Métro Charonne, leurs obsèques mettront des centaines de milliers de personnes dans la rue pour leur rendre hommage. Ce dernier évènement accéléra le processus de négociations et le cessez-le-feu sera signé peu de temps après. Ignorés dans ce film !!!
    L’assassinat du Commissaire central d’Alger Roger Gavoury ou ceux des 6 inspecteurs de l’éducation nationale des Centre sociaux  ? Sans importance, pas besoin de les évoquer !!! Ce sont les commandos Delta de l’OAS qui les ont commis, avec à leur tête un ancien Lieutenant (Roger Degueldre), déserteur qui fut condamné à mort et exécuté…
    Les propos de jean-Pierre CHEVENEMENT, à la fin de ce film sont affligeants : il dit qu’il peut comprendre l’attitude de certains militaires qui ont été déçus. Mais il est vrai qu’il est dans une même logique, depuis qu’il a inauguré une rue "Colonel Jeanpierre", ce légionnaire qui s’est illustré lors de la Bataille d’Alger de 1957, pour honorer ce militaire, et la Légion. 

    P.-S. 

    Vraiment, c’est un film consternant. On constate que l’Armée Française reste sur ses mêmes conceptions que pendant la guerre d’Algérie, de sa légitimation de sa théorie de la guerre révolutionnaire avec sa cohorte de crimes contre l’humanité qu’elle a générée, et justifie encore aujourd’hui. 

     

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  • Commentaires

    2
    Mercredi 29 Août à 21:54

    Sujet très intéressant où il y a énormément de choses à dire du fait que je n'étais pas du camp des rêveurs d'une certaine Algérie qu'ils voulaient Française mais j'étais dans le camp qui allait faire déguerpir les criminels  de l'espèce de celui qui t'a menacé.                                                                                                                                                                           je voudrais bien  intervenir mais...à quoi bon , quand mon écrit , cette fois-ci encore, risque  d'être censuré ?                       Dommage parce que j'aurais pu fermer le bec des attardés mentaux bloqués aux années 60.

    Le_Canari_de_retour

    Blida le : 29*08*2018

    1
    Lundi 27 Août à 11:06

    Salir l'armée française ? Cela me rappelle ce que j'ai vécu lors d'une réunion publique de la FNACA qui a eu lieu à Béziers en 2001. Je m'y étais rendu car elle était ouverte au non-adhérents.

    Un camarade que je connais est intervenu pour mettre en débat la réalité de la torture pratiquée à grande échelle par l'armée française pendant la guerre d'Algérie. La reconnaissance de ce fait était en train de gagner les consciences. Un autre quidam, que je ne connaissais pas a réagi en dénonçant les atteintes à l'honneur de l'armée que l'on commettait ainsi.

    C'est du même tonneau que ce que déclare ce farfelu que cite Michel.

    Je n'ai pas donné suite aux velléités que j'avais eu d'adhérer à la FNACA. Ce n'était vraiment pas pour moi.

    Quant au blog de Michel je le trouve précieux pour ceux qui condamnent le colonialisme et la guerre engagée pour tenter de le perpétuer. Il est riche d'informations et d'analyses.   

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