• Cinéma à Angers. Un film sur la guerre d'Algérie ce jeudi soir 18 septembre 2014

    Cinéma à Angers. Un film sur la guerre d'Algérie ce jeudi soir  18 septembre 2014

    http://www.ouest-france.fr/cinema-angers-un-film-ur-la-guerre-dalgerie-ce-jeudi-soir-2833642

    Le réalisateur Emmanuel Audrain présente, ce soir au cinéma Les 400 coups, Retour d'Algérie, un film rassemblant des témoignages d'appelés.

    Cette projection (unique) sera suivie d'un débat.

    Entretien

    Emmanuel Audrain, comment avez-vous eu l'idée de ce film ? 

    Je préparais un film sur le général de La Bollardière, le seul officier supérieur ayant dénoncé la torture publiquement. J'ai rencontré des appelés. Certains pleuraient en évoquant la guerre, la torture, les viols dont ils ont été témoins, contraints au silence. Quand on protestait à l'époque, on risquait une balle dans le dos.

    Quel témoignage vous a particulièrement marqué ? 

    Stanislas Hutin, frère de François-Régis Hutin (NDLR : PDG d'Ouest-France), a eu le courage de protester. Issu d'une famille de résistants, il se préparait à devenir jésuite. Appelé en Algérie, il n'a pas pu se taire lorsqu'une nuit, il a entendu les cris de souffrance d'un jeune homme de 14 ans, torturé à quelques mètres de sa chambre. Il est allé dénoncer ces méthodes auprès de la hiérarchie, qui les justifiait au nom de la guerre. Un peu plus tard, ses compagnons d'armes l'ont prévenu des risques qu'il courait désormais : « Ne pars pas avec les parachutistes, tu risques de ne pas revenir. » Après la guerre, Stanislas Hutin est retourné en Algérie où il a retrouvé le garçon torturé... Comme lui, plusieurs appelés ont fait cette démarche.

    Dans le film, qui sont tous ces témoins qui osent parler après 50 ans de silence? 

    Des membres de l'association les 4ACG, les Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre, lancée par un cultivateur, Rémi, et ses amis. Malgré pour certains de faibles revenus, tous ont refusé la retraite d'ancien combattant d'Algérie. Ils ont demandé à ce que cette somme soit reversée aux Algériens. Ils portent encore le poids de la culpabilité. Ce n'est pas tout ce qu'on a fait qui est lourd, mais ce qu'on n'a pas fait, regrettent-ils.

    Est-il utile de revenir sur la souffrance passée avec ce film ? 

    Les enfants demandent pourquoi leurs pères n'évoquent jamais la Guerre d'Algérie. Sortir du silence est libérateur pour les familles. Mon film suscite des échanges entre les appelés qui avaient 20 ans. Il restaure leur estime d'eux-mêmes. Jacques Lambour, à Trélazé, membre de l'association, et qui témoigne dans le film, dit qu'il savait que c'était une guerre perdue d'avance. Il est retourné, en 1963, revoir les Algériens qui l'ont bien accueilli. Beaucoup d'appelés, malgré leur silence, avaient des gestes d'humanité.

     

     

    « L’assassinat de Maurice Audin, 57 ans de mensonge d’EtatJ'aurai tellement envie de te cracher à la figure toi qui rend hommage aux criminels de l'OAS fusillés par la France. »
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