• Cluny (Saône-et-Loire) : L’écrivain-historien Jean-Pierre Gaildraud est venu une nouvelle fois à l’invitation du comité FNACA parler de la guerre d’Algérie

    Cluny (Saône-et-Loire) : L’écrivain-historien Jean-Pierre Gaildraud est venu une nouvelle fois à l’invitation du comité Fnaca parler de la guerre d’Algérie

    Jean-Pierre Gaildraud au micro, entouré des responsables du comité FNACA du Clunisois, Roland Gelet et Georges André, et de l’adjoint au maire Claude Taïeb. Photo J.-C. V. (CLP)

    L’écrivain-historien Jean-Pierre Gaildraud est venu une nouvelle fois à l’invitation du comité FNACA parler de la guerre d’Algérie, à laquelle il a participé comme officier du contingent. Le conférencier a évoqué vendredi soir la journée du 1er novembre 1954 : la “Toussaint Rouge”, marquant pour l’histoire le début du conflit, il y a juste 60 ans. Avant d’aborder le déroulement de cette journée où de nombreux attentats ont été commis en différents lieux du territoire algérien, J.-P. Gaildraud a d’abord insisté sur différents points permettant de mieux comprendre : le colonialisme au début du XXe siècle, l’attentat de Sétif un certain 8 mai 1945, la décolonisation qui se met en marche, la voie ouverte avec la guerre d’Indochine… Il a ensuite évoqué la situation en 1954 des “indigènes” en Algérie face à la minorité des Européens, la venue du ministre de l’intérieur François Mitterrand en octobre et la création du FLN par ses six chefs historiques.

    Et puis arrive donc ce 1er novembre, jour retenu pour le début de l’insurrection des nationalistes. Le FLN avait donné pour ordre de s’en prendre aux militaires, policiers et musulmans pro-français, mais pas aux civils. Et c’est pourtant un jeune instituteur qui sera tué dans les Aurès : Guy Monnerot, originaire de Limoges, la ville natale de J.-P. Gaildraud. « En fait, il y a eu déjà plusieurs civils tués la veille, fait remarquer ce dernier : Laurent François le tout premier, un garde forestier et un chauffeur de taxi. »

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    Jean-Pierre Gaildraud

     et la guerre d'Algérie

    Quand il raconte la guerre d'Algérie, Jean-Pierre Gaildraud fascine, en particulier pour sa parfaite connaissance du sujet. Il fascine aussi pour la passion avec laquelle il détaille la chronologie des faits. Ancien professeur d'histoire, ce très dynamique retraité de 76 ans propose souvent une rétrospective de la guerre d'Algérie, « dans laquelle il ne faut surtout pas être manichéen », a-t-il précisé. « Quand on fait un travail d'historien, on essaie de rassembler tous les faits, et on sort de son propre vécu pour les analyser. »

    Son propre vécu, Jean-Pierre Gaildraud en parle aussi, mais seulement quand on lui demande. « J'étais militaire du contingent, chef d'une harka, en Kabylie. Je dirigeais des harkis, et je les ai abandonnés à leur triste sort, en 1962. Je garde toujours un moulin à huile que m'avait fabriqué un de mes gars, à l'époque… » Quand on lui demande s'il est plus facile de parler d'Histoire que de parler de soi, Jean-Pierre Gaildraud confirme. « Parler de soi, c'est évoquer toute la douleur, toute la souffrance de cette époque. Un historien doit parler de faits, sans s'écrouler devant son public », confie-t-il. Pour Jean-Pierre Gaildraud, les erreurs de la guerre d'Algérie ont commencé bien avant 1955. « Quand à l'époque, les Algériens n'étaient pas des vrais Français, mais des indigènes. Ils avaient des devoirs, mais aucun droit. Il y a eu le nationalisme : plutôt que d'envoyer la police, comme suite à tout attentat indépendantiste, on a envoyé l'armée : l'enchaînement de la violence… »
    Et quand il intervient dans un collège de banlieue parisienne, ou la classe entière n'est composée que de jeunes d'origine maghrébine, adapte-t-il son discours ? « Il n'y a pas grande différence : dans les deux cas, les jeunes ne savent pas grand-chose de cette guerre, car leurs parents n'en parlent pas. »

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