• Dans la bibliothèque fachosphère il y a un livre qui s’appelle « J’accuse de Gaulle » que je vous déconseille VIVEMENT... Je préfère relire « J’accuse le général Massu » de Jules Roy.

    Je vais relire « J’accuse Massu » de Jules Roy, un pamphlet encore d'actualité !

    Dans la bibliothèque fachosphère il y a un livre qui s’appelle « J’accuse de Gaulle » que je vous déconseille vivement… écrit par un pseudo/journaliste d’extrême droite dont je ne ferai pas l’honneur de citer le nom, remplit de mensonges outranciers, de propos diffamatoires… Moi je vais relire « J’accuse le général Massu » de Jules Roy, un pamphlet encore d'actualité !

    Pourquoi déterrer un tel ouvrage écrit en 1972 en réponse à un livre du général Massu, La bataille d’Alger ?  Ne serait-il pas temps de refermer ces dossiers empoussiérés et ensanglantés que traîne la France depuis sa colonisation inhumaine et sa triste décolonisation ? Je sais que cela pourra en surprendre plus d’un… et pourtant…

    Tout d’abord, comme souvent, cette lecture est le fruit d’une rencontre entre un ouvrage et une main, la mienne. C’est vraiment par hasard que j’ai trouvé cet opuscule engagé chez un bouquiniste. J’étais bien curieux de savoir ce que pouvait bien reprocher Jules Roy… au général Massu…

    Jules Roy, que je suis en train de découvrir en lisant son majestueux et volumineux journal, est un écrivain et un militaire français, né en 1907 à Rovigo (Algérie) et qui est décédé en 2000 à Vézelay en Bourgogne. Catholique, formé au lycée du séminaire d’Alger, il choisit le métier des armées (tirailleurs algériens, école de Saint-Maixent, Infanterie, Armée de l’air, officier et Forces Françaises Libres durant la seconde guerre mondiale). Dans les années cinquante, écœuré par le comportement de certains militaires et la politique française en Indochine puis en Algérie, il rompt avec la «Grande muette». Cette rupture sera explicitée dans « Les belles croisades ». Il décide alors de se consacrer à la littérature et son pays d’origine, l’Algérie. Il aurait aimé que les deux peuples de sa terre se retrouvent pour vivre ensemble dans le respect mutuel et la paix. L’Histoire en a décidé autrement et il pense que le général Massu en porte une grosse responsabilité... après les Pouvoirs politiques, bien sûr. Aussi, quand ce dernier tente de raconter sa bataille d’Alger, quand le général dit que la torture était la seule solution, quand il justifie son mépris du bougnoul… le colonel pied-noir se sent obligé de réagir et d’écrire qu’il y a toujours d’autres solutions, que la violence, la haine et la torture ne sont jamais obligatoires…

    Le ton de ce petit essai est alerte, agressif, dynamique. Mais, jamais Jules Roy ne s’attaque à l’homme ! Non, il fait la différence entre l’homme et son histoire d’une part, et l’officier qui déshonore l’ensemble de l’armée par des actes irresponsables et inhumains.

    On sent bien que le militaire pied-noir, profondément humaniste, reproche, à travers la personnalité de Massu, les actions de tous ceux qui, de la métropole, ont voulu régler les problèmes de l’Algérie sans la connaître, sans respecter ses habitants, tous ses habitants, plongeant cette terre ensoleillée dans un drame qui aurait pu être évité malgré une colonisation terrible dont parle l’auteur plusieurs fois pour expliquer certaines réactions…

    Je suis très heureux d’avoir relu ce pamphlet, d’avoir découvert Jules Roy et d’avoir lu, enfin, un très beau réquisitoire contre la torture et la violence. C’est un officier qui en est l’auteur et cela m’a donné certaines satisfactions que certains comprendront bien, eux qui me connaissent… En fait cela fait déjà un moment que j'avais découvert Jules Roy puisqu'en 2015 j'avais déjà mis en ligne un article le concernant, sur une idée de mon ami Jacques Cros, article que vous pourrez consulter en cliquant sur le lien suivant. Et puis pour conclure le livre "J'ACCUSE LE GENERAL MASSU" peut être considéré comme une réponse au livre de la fachosphère "J'ACCUSE DE GAULLE".

    http://www.micheldandelot1.com/jacques-cros-commente-trois-ouvrages-de-jules-roy-la-guerre-d-algerie--a109166228

     

     Il y a 60 ans, la bataille d’Alger : relire

    le « J’accuse Massu » de Jules Roy

    Samedi 7 janvier 2017, par Michel Berthelemy, 4ACG  

    Le 7 janvier 1957, il y a exactement 60 ans, commençait la « Bataille d’Alger ». Le général Massu reçoit les pleins pouvoirs de police du gouvernement français pour rétablir l’ordre dans le Grand Alger. Six mille parachutistes sont déployés. Tous les moyens sont utilisés, la torture généralisée : électricité, pendaisons, baignoire, exécutions sommaires, etc…
    Six mois plus tard, le 21 juillet 1957, une commission d’enquête rend un rapport accablant, publié par Le Monde, aussitôt saisi. Cela n’empêche pas le général Massu de se flatter d’avoir gagné la bataille d’Alger, au prix de 3024 disparitions de « suspects ».
     

    Quatorze ans après, le général Massu publie, en 1971, sa version des faits. Son livre, « La vraie bataille d’Alger », connaît un certain succès. Mais un homme réagit, c’est Jules Roy. Né en Algérie, ancien de la France Libre, Jules Roy a quitté l’armée française en pleine guerre d’Indochine, l’accusant de se comporter « comme les SS ». Le livre de Massu le scandalise. Il publie aussitôt un pamphlet d’une rare violence : « J’accuse le Général Massu » (Le Seuil, l’Histoire immédiate, 1972). Nous en reproduisons ici quelques extraits, repris du site campvolant.com.

    Où sont-ils, général Massu ? Par Jules Roy

    « Si nous avons fini par connaître le sort de Maurice Audin, et si Henri Alleg, échappé de vos griffes, a pu faire tant de bruit avec son livre, si des juges ont été contraints d’ouvrir des instructions, et si des tribunaux ont pu convoquer des témoins à leur barre, c’est que les accusateurs étaient des nôtres. Mais les autres, général Massu ? Les milliers d’autres ? La pauvre troupe des militants et des non-militants, des suspects et des innocents, des poseurs de bombes et de ceux qui n’étaient coupables que de s’appeler d’un nom arabe ou d’habiter la Casbah, des anciens tirailleurs qui croyaient être épargnés en tendant à vos officiers la liste des citations gagnées sur les champs de bataille de nos guerres à nous et qu’on déchirait sous leurs yeux en leur disant : » Voilà ce que la France vous répond…. », la triste, longue et innombrable multitude des misérables aux dents brisées et à la tête fracassée, aux poitrines défoncées, au dos déchiré, aux membres disloqués, cette misérable armée d’éclopés et de bancals, abrutis par les humiliations, ces héros de la honte ou ces naïfs que vous avez rendus enragés, où sont-ils ?

    Ceux que vous enchaîniez par le cou comme des bêtes… 

    Où sont-ils, les journaliers de la rue Annibal, les boulangers, les manœuvres et les dockers de l’impasse du Palmier, les comptables et les magasiniers, les bijoutiers et les laitiers de la rue de la Lyre, les conducteurs et les receveurs de trolley-bus de la rue Caton, les commerçants, les chauffeurs, les imprimeurs de la rue des Coulouglis, les instituteurs, les maîtres d’internat, les médecins et les infirmiers de la rue de Chartres, les menuisiers et les coiffeurs de la rue Kléber, les cafetiers de la rue Bruce, les jardiniers de la rue du Sphinx, les cordonniers de la rue du Chat, les employés d’administration, les caissiers de la rue Salluste, les chauffeurs de taxi de la rue des Abencérages et de la rue du Divan, les bouchers de la rue du Centaure, les gargotiers, les marchands de légumes de la rue Jugurtha, les cheminots, les épiciers, les brocanteurs de la rue Marengo, les laitiers, les forains, les pâtissiers, les tailleurs de la rue de la Gazelle, les fleuristes, les miroitiers, les camelots et les plombiers de la rue de la Girafe et de la rue des Lotophages, tous ceux que vos bérets rouges, vos bérets noirs ou vos bérets bleus allaient cueillir parfois dans les bains maures ou dans les mosquées, déversaient dans les chiourmes de Beni-Messous et de Ben Aknoun, enfermaient dans les grottes de vos villas des hauts d’Alger et du Sahel, enchaînaient quelquefois par le cou et par les mains les uns aux autres comme des bêtes et interrogeaient pendant des nuits et des nuits avec des tenailles, des électrodes et des cigarettes, tous ceux que vous arrêtiez parce qu’ils étaient trop bien habillés ou qu’ils avaient une tête qui ne vous revenait pas, que vous battiez jusqu’à ce qu’ils s’évanouissent, que vous entassiez dans ce que vous appeliez des centres d’hébergement munis de souterrains et d’abattoirs ou que vous transfériez dans vos ateliers de la Corniche et de l’allée des Mûriers, oui, où sont-ils ?

    Ceux qu’on retrouvait sur les plages, ligotés dans un sac… 

    Où sont les quatre-vingt-dix malheureux asphyxiés au printemps 1957 dans des cuves à vin de quelque domaine de la Mitidja, et comment se nomment ceux qu’on trouvait sur les plages et sur les brise-lames du port, ligotés dans des sacs ? Où sont-ils, ceux que parfois, quand un avocat demandait de leurs nouvelles, vous déclariez avoir remis en liberté ou ne figurant pas sur vos fichiers, ou enfuis ? si nombreux que la préfecture d’Alger et certains secteurs avaient dû imprimer des circulaires pour répondre que les enquêtes n’avaient pas permis de retrouver leur passage, ceux à propos desquels Mme Massu, présidente de « l’Association pour la formation de la jeunesse », demandait des autorisations de visite, les jeunes, les vieux les pères de famille et les orphelins, les garçons dont les mères folles de douleur venaient pleurer en silence devant les commissariats de police et les casernes ? (…) En quel martyrologe figurent-ils puisque vous avez ordonné que « le secret le plus absolu » devait être assuré en ce qui concernait « le nombre, l’identité et la qualité des suspects arrêtés » ? Tous échappés, tous victimes, selon vous, de règlement de comptes. En vérité tous libérés d’une rafale de mitraillette ou étouffés la tête dans un seau d’eau, tous enfouis sous la chaux dans les fosses, tous brisés, tous écrasés. Par vous.
    Si vous l’osez, général Massu, demandez-leur d’intercéder pour vous le jour du jugement dernier. »

    Jules Roy, J’accuse le général Massu, Le Seuil, Paris, 1972, p. 74-79, in campvolant.com 

    Source : https://campvolant.com/2016/08/24/ou-sont-ils-general-massu-par-jules-roy/

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