• En février 1961 était créée l’Organisation de l’armée secrète (OAS) : Les méfaits d’une organisation criminelle

     


    Jean-François Gavoury président

    de l’Association nationale

    pour la protection de la mémoire

    des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)

    nous informe :

     

    « Hier, aux abords du Métro "Charonne" à Paris, était organisée une cérémonie en hommage et à la mémoire de neuf victimes d’une fraction particulièrement zélée de la police aux ordres de son préfet Maurice Papon.

    Après-demain, d’anciens activistes célèbreront le soixantième anniversaire de la création de l’OAS.

    Le quotidien algérien "El Watan", dans son édition d’aujourd’hui, donne la parole à ceux qui ont milité pour la paix en Algérie ainsi qu’aux descendants de victimes de l’OAS.
    Si les crimes du colonialisme doivent être reconnus, ne serait-ce que par souci de la vérité des faits, les victimes de l’OAS doivent être sorties de cet oubli dans lequel les pouvoirs publics les ont tenues plus d’un demi-siècle durant et elles doivent être honorées à la hauteur de leur dévouement à la République ».

    Jean-François Gavoury

    En février 1961 était créée l’Organisation de l’armée secrète (OAS) : Les méfaits d’une organisation criminelle

    Les crimes de l’OAS, organisation créée en février 1961 en Espagne franquiste pour imposer par la terreur armée «l’Algérie française» sont innombrables tant parmi la population algérienne que du côté français. En réaction, de nombreuses organisations progressistes et du Parti communiste avaient organisé des manifestations en France, dont celle de Charonne au cours de laquelle 9 personnes périrent sous la répression de la police de Maurice Papon. 

    Un hommage a été rendu hier à Paris aux 9 victimes de la répression du 8 février 1962 lors de la manifestation contre l’OAS et pour la paix en Algérie. En raison de la situation sanitaire actuelle, la commémoration de cette année n’a pu se tenir de manière habituelle.

    La commémoration devait être marquée par un dépôt de gerbes à l’endroit où sont tombées les 9 victimes, près du métro Charonne.  

    En même temps que la manifestation du 8 février 1962, les partisans de la Paix et de l’indépendance pour l’Algérie s’exprimaient de plus en plus, avec de nombreuses manifestations, Le Mouvement de la Paix, les syndicats, le Parti Communiste etc. Le 7 février 1962, l’OAS commettait dix attentats à la bombe contre des personnalités diverses, qui firent de nombreux blessé-e-s et particulièrement une fillette de 4 ans. 

    Dès le lendemain, la riposte s’organisait : une manifestation se tenait à l’appel, notamment, du PCF, de la CGT, la CFTC, du mouvement de la Paix… Elle fut sauvagement agressée par les brigades spéciales de la police aux ordres du préfet Papon et du ministre de l’Intérieur Roger Frey, au carrefour du métro Charonne. On dénombra 9 morts et des centaines de blessé-e-s. 

    Les manifestations étaient interdites et de plus en plus marquées par les violences policières, comme ce fut le cas notamment le 17 octobre 1961, avec le massacre des Algériens, ou les manifestations syndicales en décembre 1961…. Rappelant qu’en janvier 1961, les Français répondaient «oui» à 75% pour le droit à l’autodétermination du peuple algérien, «les Français avaient compris que la paix et l’indépendance de l’Algérie rendaient justice au peuple algérien», relève dans un communiqué Henri Cukierman, président du Comité Vérité pour Charonne. 

    «Les jusqu’au-boutistes de l’Algérie française refusèrent le verdict démocratique des citoyens français. Ils décidèrent de s’y opposer par la violence la plus extrême», ajoute-t-il. Avec la création de l’OAS (Organisation de l’armée secrète), «ils ont organisé des centaines d’attentats en France et en Algérie pour imposer par la force un coup d’Etat et poursuivre la guerre». 

    Ils s’attaquèrent en France, par des attentats à la bombe, aux organisations de gauche et aux personnalités politiques, syndicales, qui «s’exprimaient et agissaient pour la Paix en Algérie». 

    «Le gouvernement du général de Gaulle était frileux, voulait conserver des bases et avantages du colonialisme, mais il avait aussi au gouvernement des partisans de l’Algérie française, notamment le Premier ministre Michel Debré». «Avec la guerre d’Algérie, c’est la démocratie pour les Français-e-s et les Algérien-e-s qui a été confisquée.» Quant au président Macron, «il doit, entre autres, reconnaître le crime d’Etat pour le 8 février 1962», souligne Henri Cukierman. 

    «Une impressionnante série d’assassinats» 

    De leur côté, l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo) et l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, communiquent en date du 29 janvier qu’«un certain nombre d’éléments de divisions parachutistes désertent et viennent prêter main-forte à des partisans extrémistes de l’Algérie française qui avaient fondé, entre le 20 janvier et le 10 février, dans l’Espagne encore franquiste, l’Organisation armée secrète». 

    Sans compter les milliers de victimes algériennes, rien que du côté français, les victimes de l’OAS sont innombrables.  

    MM. Jean-Philippe Ould Aoudia et Jean-François Gavoury, présidents des deux associations, signalent également qu’«avec le renfort des déserteurs, qui fournissent armes, munitions, explosifs et savoir-faire, l’OAS va gagner en puissance criminelle». «S’ouvre alors une impressionnante série d’assassinats et de destructions tant de biens privés que de bâtiments publics». 

    Les deux responsables associatifs rappellent que le premier attentat commis par ces ultras survient à Alger, le 25 janvier 1961, et coûte la vie à un avocat libéral, Maître Pierre Popie. 

    Le second a lieu en France métropolitaine, le 31 mars 1961 : il est dirigé contre Camille Blanc, maire d’Evian, ville dans laquelle se déroulent les pré-pourparlers entre le gouvernement français et le FLN. 

    «Tombé le 31 mai 1961 dans un guet-apens tendu à l’instigation d’un officier déserteur, le commissaire central d’Alger Roger Gavoury est le premier fonctionnaire de l’Etat français assassiné par l’OAS. Six commissaires de police, au moins un inspecteur de police et trois gradés et gardiens de la paix auxquels s’ajoutent une douzaine de fonctionnaires des Compagnies républicaines de sécurité (CRS)» ont également été assassinés. 

    «L’armée fut elle-même la cible de l’OAS qui a abattu plusieurs dizaines de militaires depuis le jeune appelé du contingent jusqu’au général de corps d’armée en passant notamment par les gendarmes mobiles». 

    «Le premier attentat commis contre la personne du général de Gaulle a lieu le 8 septembre 1961 à Pont-sur-Seine. D’autres ont suivi, le 22 août 1962 au Petit-Clamart et le 15 août 1964 au mont Faron (Toulon), mais la police a pu déjouer plusieurs autres tentatives visant le chef de l’Etat français.» 

    «Les membres du gouvernement étaient également l’objet de menaces : ainsi, le 7 février 1962, une bombe au domicile d’André Malraux, ministre de la Culture, blessa-t-elle très grièvement au visage la jeune Delphine Renard.» Par ailleurs, le 15 mars 1962, à Alger, l’assassinat de six dirigeants du service des centres sociaux éducatifs (Max Marchand, Mouloud Feraoun, Marcel Basset, Robert Eymard, Ali Hammoutène, Salah Ould Aoudia) par l’OAS fut l’aboutissement paroxystique d’un processus mortifère enclenché très tôt. «Lorsque l’OAS entra en guerre, en 1961, de véritables lignes de front ont séparé les quartiers européens des bidonvilles où se situaient les Centres qui ont continué à fonctionner», rappellent les deux responsables associatifs. 

    Le Service des centres sociaux éducatifs, créé le 27 octobre 1955, à l’initiative de la déportée-résistante Germaine Tillion, membre du cabinet civil de Jacques Soustelle, fera l’objet dès sa création «de pressions, de menaces, de campagnes de presse de la part des ultras de l’Algérie française, parce que compter dans son effectif près de 80% de musulmans constituait en soi une source de suspicion».  

    L’historien Stora saisi pour un complément

     de préconisation 

    Dans ce contexte historique, l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo) et l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons ont exprimé, le 4 février, auprès de Benjamin Stora, le souhait de voir complétée la préconisation n°2 de son rapport par la phrase suivante : «…Et de toutes les personnes qui, dans les derniers mois du conflit, ont respecté, servi la République et défendu ses valeurs au péril de leur vie.» 

    La version définitive deviendrait alors : «Un geste pourrait être l’inclusion dans le décret 2003-925 du 26 septembre 2003, instituant une journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie, d’un paragraphe dédié au souvenir et à l’œuvre des femmes et des hommes qui ont vécu dans des territoires autrefois français et qui ont cru devoir les quitter à la suite de leur accession à la souveraineté et de toutes les personnes qui, dans les derniers mois du conflit, ont respecté, servi la République et défendu ses valeurs au péril de leur vie». 

    Le 5 février les deux associations demandent également à Benjamin Stora de «bien vouloir se faire l’écho, dans toute la mesure du possible, des recommandations respectives du Souvenir Français et de l’Espace guerre d’Algérie (EGAL), relatives à l’apposition de la mention ‘Mort pour la France’» sur l’acte de décès des six dirigeants des Centres sociaux assassinés par l’OAS le 15 mars 1962 : Max Marchand, Mouloud Feraoun, Marcel Basset, Robert Eymard, Ali Hammoutène, Salah Ould Aoudia.

     Source :  https://www.elwatan.com/pages-hebdo/histoire/les-mefaits-dune-organisation-criminelle-09-02-2021#main-content-section

    Il y a 60 ans, l’OAS et ses sanglants attentats pour l’Algérie française

    Pour l'OAS, il s'agissait d'occuper le terrain par tous les moyens. (archives AFP)

    L’Organisation armée secrète (OAS), créée il y a 60 ans, a été le bras armé clandestin et meurtrier des ultras de l’Algérie française dans les derniers épisodes de la guerre, entre février 1961 et l’indépendance en juillet 1962.

    Selon des estimations d’historiens, l’OAS, qui regroupait environ un millier d’activistes, a tué en Algérie au moins 2 200 personnes dans près de 13 000 explosions au plastic, 2 546 attentats individuels et 510 attentats collectifs. En métropole, le nombre total de ses victimes est estimé à 71 morts et 394 blessés.

    L’OAS est créée le 11 février 1961 à Madrid, dans l’Espagne franquiste, face au souhait désormais manifeste du gouvernement français et du général Charles de Gaulle de se désengager en Algérie, scellé le mois précédent par un référendum sur l’autodétermination. Ses initiateurs sont des activistes anti-indépendantistes proches de l’extrême droite, Pierre Lagaillarde et Jean-Jacques Susini, exilés à Madrid et rapidement rejoints par le général Raoul Salan.

    “Putsch des généraux” 

    L’assassinat, le 31 mars 1961, de Camille Blanc, maire d’Évian au bord du lac Léman, où sont prévues des négociations entre le gouvernement et le Front de libération nationale (FLN) algérien, est imputé à l’OAS. Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, les généraux Salan, Edmond Jouhaud, Maurice Challe et André Zeller, décidés à sauver par tous les moyens “l’Algérie française”, lancent le “putsch des généraux”. Après leur échec le 25 avril, Salan et Jouhaud passent à la clandestinité, tandis que Challe et Zeller se rendent.

    Salan et Jouhaud prennent la tête de l’OAS, qui “frappe où elle veut, quand elle veut” selon son slogan.
    L’organisation assassine le 31 mai 1961 le commissaire principal d’Alger Roger Gavoury. Outre les assassinats de personnalités, notamment communistes, elle organise des “nuits bleues”, avec des centaines d’explosions. Roger Degueldre fonde les commandos Delta qui sèment la terreur en Algérie et en métropole à partir de juin 1961, frappant même à Alger des passants anonymes.  Elle est dissoute en Conseil des ministres le 6 décembre 1961.

    Le 15 mars 1962, l’OAS tue encore six dirigeants de centres socio-éducatifs, dont l’écrivain Mouloud Feraoun.

    Politique de la “terre brûlée” 

    Après la signature le 18 mars 1962 des accords d’Évian qui scellent l’indépendance, Salan lance “la guerre totale”, marquée par de sanglants combats entre l’armée et l’OAS dans le quartier de Bab-el-Oued à Alger. Le 26 mars, la fusillade de la rue d’Isly fait 46 à 61 morts dans les rangs des Européens.

    En mars-avril 1962, l’arrestation de ses responsables décapite l’OAS mais les derniers extrémistes redoublent de violence. Salan est condamné à la détention à perpétuité, Jouhaud condamné à mort puis gracié. Sa peine est commuée en détention à perpétuité. Ils seront amnistiés comme les autres dirigeants de l’OAS par le général de Gaulle en 1968. Degueldre sera fusillé en juillet 1962.

    L’OAS poursuit une politique de la “terre brûlée”, par exemple l’incendie spectaculaire des citernes du port d’Oran en juin 1962. Les derniers commandos quittent l’Algérie début juillet, à la veille de l’indépendance, mais l’OAS fomente encore dans l’hexagone deux attentats contre le général de Gaulle auxquels échappe le président français. L’instigateur de celui du Petit-Clamart en banlieue parisienne, le 22 août 1962, le colonel Bastien-Thiry est fusillé le 11 mars 1963. A l’origine de l’attentat du 28 août 1964 à Toulon, Susini est condamné à mort par contumace et gracié dans l’amnistie de 1968.

    SOURCE : https://lequotidien.lu/monde/il-y-a-60-ans-loas-et-ses-sanglants-attentats-pour-lalgerie-francaise/ 

    Guerre d'Algérie : créée il y a 60 ans comment l'OAS a mené son combat sanglant 

    Alger, Algérie le 3 juillet 1962- Un partisan de l'Organisation de l'Armée Secrète Française (OAS) est "pris en flagrant délit" alors qu'il griffonne des slogans de l'OAS sur le mur de cette maison située dans le quartier supérieur d'Alger déchiré par les conflits. Son "message" comprend le chant de l'OAS "Algérie française" et le nom de Salan, en référence au général Raoul Salan, généralement considéré comme le chef de l'armée secrète. © Bettmann / Getty

    L'Organisation armée secrète (OAS), créée il y a 60 ans, a été le bras armé clandestin et meurtrier des ultras de l'"Algérie française" dans les derniers épisodes de la guerre, entre février 1961 et l'indépendance en juillet 1962.

    Selon des estimations d'historiens, l'OAS, qui regroupait environ un millier d'activistes, a tué en Algérie au moins 2.200 personnes dans près de 13.000 explosions au plastic, 2.546 attentats individuels et 510 attentats collectifs. En métropole, le nombre total de ses victimes est estimé à 71 morts et 394 blessés.

    Face au souhait désormais manifeste du gouvernement français et du général Charles de Gaulle de se désengager en Algérie, scellé le mois précédent par un référendum sur l'autodéterminantion, l'OAS est créée le 11 février 1961 à Madrid, dans l'Espagne franquiste. Ses initiateurs sont des activistes anti-indépendantistes proches de l'extrême droite, Pierre Lagaillarde et Jean-Jacques Susini, exilés à Madrid et rapidement rejoints par le général Raoul Salan. L'assassinat, le 31 mars 1961, de Camille Blanc, maire d'Evian où sont prévues des négociations entre le gouvernement et le FLN, est imputé à l'OAS. 

    Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, les généraux Salan, Edmond Jouhaud, Maurice Challe et André Zeller, décidés à sauver par tous les moyens "l'Algérie française", lancent le "putsch des généraux". Après leur échec le 25 avril, Salan et Jouhaud passent à la clandestinité, tandis que Challe et Zeller se rendent. Salan et Jouhaud prennent la tête de l'OAS, qui "frappe où elle veut, quand elle veut" selon son slogan.

    L'organisation assassine le 31 mai 1961 le commissaire principal d'Alger Roger Gavoury. Outre les assassinats de personnalités, notamment communistes, elle organise des "nuits bleues", avec des centaines d'explosions. Roger Degueldre fonde les commandos Delta qui sèment la terreur en Algérie et en France à partir de juin 1961, frappant même à Alger des passants anonymes. Elle est dissoute en Conseil des ministres le 6 décembre 1961. Le 15 mars 1962, l'OAS tue encore six dirigeants de centres socio-éducatifs, dont l'écrivain Mouloud Feraoun.

    Après la signature le 18 mars 1962 des accords d'Evian qui scellent l'indépendance, Salan lance "la guerre totale", marquée par de sanglants combats entre l'armée et l'OAS dans le quartier de Bab-el-Oued à Alger. Le 26 mars, la fusillade de la rue d'Isly fait 46 à 61 morts dans les rangs des Européens.

    En mars-avril 1962, l'arrestation de ses responsables décapite l'OAS mais les derniers extrémistes redoublent de violence. Salan est condamné à la détention à perpétuité, Jouhaud condamné à mort puis grâcié. Sa peine est commuée en détention à perpétuité. Ils seront amnistiés comme les autres dirigeants de l'OAS par le général de Gaulle en 1968. Degueldre sera fusillé en juillet 1962.

    L'OAS poursuit une politique de la "terre brûlée", par exemple l'incendie spectaculaire des citernes du port d'Oran en juin 1962. Les derniers commandos quittent l'Algérie début juillet, à la veille de l'indépendance, mais l'OAS fomente encore dans l'hexagone deux attentats auxquels échappe le général de Gaulle.

    Instigateur de celui du Petit-Clamart, le 22 août 1962, le colonel Bastien-Thiry est fusillé le 11 mars 1963. A l'origine de l'attentat du 28 août 1964 à Toulon, Susini est condamné à mort par contumace et grâcié dans l'amnistie de 1968.

    Salan et Jouhaud prennent la tête de l’OAS, qui “frappe où elle veut, quand elle veut” selon son slogan.
    L’organisation assassine le 31 mai 1961 le commissaire principal d’Alger Roger Gavoury. Outre les assassinats de personnalités, notamment communistes, elle organise des “nuits bleues”, avec des centaines d’explosions. Roger Degueldre fonde les commandos Delta qui sèment la terreur en Algérie et en métropole à partir de juin 1961, frappant même à Alger des passants anonymes.  Elle est dissoute en Conseil des ministres le 6 décembre 1961.

    Le 15 mars 1962, l’OAS tue encore six dirigeants de centres socio-éducatifs, dont l’écrivain Mouloud Feraoun.

    Politique de la “terre brûlée” 

    Après la signature le 18 mars 1962 des accords d’Évian qui scellent l’indépendance, Salan lance “la guerre totale”, marquée par de sanglants combats entre l’armée et l’OAS dans le quartier de Bab-el-Oued à Alger. Le 26 mars, la fusillade de la rue d’Isly fait 46 à 61 morts dans les rangs des Européens.

    En mars-avril 1962, l’arrestation de ses responsables décapite l’OAS mais les derniers extrémistes redoublent de violence. Salan est condamné à la détention à perpétuité, Jouhaud condamné à mort puis gracié. Sa peine est commuée en détention à perpétuité. Ils seront amnistiés comme les autres dirigeants de l’OAS par le général de Gaulle en 1968. Degueldre sera fusillé en juillet 1962.

    L’OAS poursuit une politique de la “terre brûlée”, par exemple l’incendie spectaculaire des citernes du port d’Oran en juin 1962. Les derniers commandos quittent l’Algérie début juillet, à la veille de l’indépendance, mais l’OAS fomente encore dans l’hexagone deux attentats contre le général de Gaulle auxquels échappe le président français. L’instigateur de celui du Petit-Clamart en banlieue parisienne, le 22 août 1962, le colonel Bastien-Thiry est fusillé le 11 mars 1963. A l’origine de l’attentat du 28 août 1964 à Toulon, Susini est condamné à mort par contumace et gracié dans l’amnistie de 1968.

    SOURCE : https://www.geo.fr/histoire/guerre-dalgerie-creee-il-y-a-60-ans-comment-loas-a-mene-son-combat-sanglant-203679

    Guerre d'Algérie : une lutte meurtrière encore dans toutes les mémoires

    Les Algériens célèbrent leur indépendance à Alger le 3 juillet 1962. © REPORTERS ASSOCIES/Gamma-Rapho / Getty

    De la colonisation française en Algérie à son indépendance en 1962, 132 années d'une lutte meurtrière et traumatisante où les mémoires aussi s'affrontent.

    En 2022, l'Algérie fêtera les 60 ans de son indépendance. A l'occasion de la remise du rapport sur l'héritage de la guerre d'Algérie demandé par le président de la République, Emmanuel Macron, à l'historien Benjamin Stora, retour sur un conflit qui divise encore.

    Dès 1830, conquête et colonisation

    Le 14 juin 1830, les Français débarquent en Algérie suite à un incident diplomatique avec le dey d'Alger lié à une dette française que le consul de France a refusé d'honorer. La défaite d'Abd-el-Kader, le 14 août 1843, marque la bascule en faveur de la France et l'Algérie devient constitutionnellement territoire français en 1848. Une loi de 1873 scelle la francisation de la propriété et la spoliation des tribus. En 1870, le décret Crémieux accorde la citoyenneté française aux seuls juifs. Onze ans plus tard, un Code de l'indigénat reconnaît le statut de citoyen aux musulmans. En 1944, est établie une égalité des droits entre musulmans et non-musulmans, mais la citoyenneté à double vitesse durera jusqu'en 1958.

    Après des manifestations nationalistes dans toute l'Algérie, des émeutes à Sétif et dans le Constantinois sont violemment réprimées par l'armée en mai 1945. Plusieurs milliers de musulmans et une centaine d'Européens sont tués.

    Guerre d'indépendance

    En novembre 1954, les attentats de la "Toussaint rouge" sont revendiqués par le Front de libération nationale (FLN) tout juste fondé au Caire par Ahmed Ben Bella (10 morts). Le gouvernement Mendès-France refuse de négocier. Le 20 août 1955, des massacres dans le Constantinois sont suivis d'une sévère répression. L'Etat d'urgence est étendu à toute l'Algérie.

    Début 1957, des bombes posées par le FLN explosent dans des cafés et stades d'Alger, faisant 15 morts et des dizaines de blessés. La "Bataille d'Alger", menée par le général Jacques Massu, démarre le 7 janvier et sera marquée par la traque des membres du FLN et un recours massif à la torture par l'armée.

    De Gaulle déclare "Je vous ai compris"

    Le 13 mai 1958, à la suite d'une émeute pro-Algérie française à Alger, Massu en appelle au général Charles de Gaulle, investi par les députés le 1er juin. "Je vous ai compris", assure de Gaulle aux pieds-noirs à Alger le 4 juin.

    Le 23 octobre, il propose au FLN "la paix des braves". Le 19 septembre 1958, le FLN forme le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).

    1961 : Le putsch des généraux

    Le 16 septembre 1959, de Gaulle proclame le droit des Algériens à l'autodétermination. Une "semaine des barricades" à l'initiative des ultras pro-Algérie française fin janvier 1960, fait une vingtaine de morts à Alger. Le 8 janvier 1961, le "oui" l'emporte à 75% en métropole lors d'un référendum sur l'autodétermination de l'Algérie. L'Organisation armée secrète (OAS), bras armé clandestin des ultras de l'Algérie française, voit le jour et, dans la nuit du 21-22 avril, a lieu le putsch des généraux Salan, Challe, Zeller et Jouhaud. Challe se rend le 25, Zeller début mai. Salan et Jouhaud restent dans la clandestinité avec l'OAS. Le 17 octobre à Paris, la répression d'une manifestation d'Algériens pro-FLN fait des dizaines de morts.

    1962 : les accords d'Evian

    L'OAS multiplie les plasticages. Le 8 février 1962, la répression d'une manifestation anti-OAS fait 9 morts au métro Charonne à Paris. De Gaulle négocie avec le FLN et le 18 mars 1962 les accords d'Evian
    proclament un cessez-le-feu.

    Le 8 avril, les accords sont approuvés en métropole à 90%. Le 1er juillet, en Algérie, un référendum approuvé à 99,72% scelle l'indépendance. Commence alors l'exode de près d'un million de pieds-noirs, tandis qu'au moins 55.000 harkis sont massacrés en Algérie. Le 5 juillet, l'Algérie, dont Ahmed Ben Bella (FLN) deviendra le premier président, proclame son indépendance. Le conflit aura fait quelque 500.000 morts civils et militaires, dont 400.000 Algériens selon les historiens français.

    SOURCE : https://www.geo.fr/histoire/guerre-dalgerie-une-lutte-meurtriere-pour-laquelle-les-memoires-saffrontent-encore-203479 

     

     

    « Le 8 février 2021 : Commémoration du massacre du métro Charonne à Paris le 8 février 1962Pour Jean-Michel Aphathie la France officielle doit s’excuser pour les massacres de la colonisation de l’Algérie »
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  • Commentaires

    1
    baya chel
    Mardi 9 Février à 23:20
    Ils osent fêter les criminels
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