• Saint-Rustice (Haute-Garonne) : 19 mars 1962 : Alain Bertrand raconte

    Saint-Rustice (Haute-Garonne)

     19 mars 1962 : Alain Bertrand raconte

     

    Alain Bertrand est actif au sein des Anciens Combattants, pour que le souvenir demeure./Photo DDM

    19 mars 1962 cessez-le-feu en Algérie, Alain Bertrand avait 20 ans. Pour ce jeune appelé, le cessez-le-feu fut un bonheur, les mois suivant virèrent à l'horreur.

    55 ans après le cessez le feu en Algérie, que reste-t-il

     pour vous ? 

    Il reste pour moi le souvenir de ceux qui y ont été tués, de ceux qui sont revenus blessés, traumatisés. Je suis parti en juillet 61, je n'avais pas 20 ans, et aucune envie d'y aller, comme la plupart des appelés. J'étais dans l'algérois, un endroit plutôt calme à cette époque, le front de libération national (FLN) avait été écrasé militairement, on sentait que ça allait finir, il nous tardait. Nous étions nombreux à nous demander ce que nous faisions là ! On attendait, on espérait le cessez-le-feu. Le 19 mars fut un jour de joie. Le lendemain on déposait les armes. Le FLN aussi. Ensuite, ce fut pire. enfin on ne refait pas l'Histoire, mais ça aurait pu se passer autrement.

    Que s'est-il passé ensuite ? 

    Les gens de l'organisation armée secrète (OAS) étaient déjà passés à l'action, sentant les accords arriver. Une fraction de l'armée de libération nationale (ALN), désobéissant aux ordres, a riposté. Cela a duré des mois. J'ai peu connu les combats mais bien connu cette période marquée par les attentats, les bombes et la terreur. Un vrai bain de sang, exécutions, enlèvements, torture, algériens abattus dans la rue, français assassinés. Le pire, pour beaucoup d'entre nous, ce fut l'assassinat de 6 responsables de Centres Sociaux Éducatifs, Français de France et Algériens, des enseignants, le 15 mars 1962, à Alger, par l'OAS. D'ailleurs, ils ont même assassiné le maire d'Evian, qui avait accueilli les discussions de paix. Nous, les militaires, étions aussi visés par ceux de l'OAS, ils ont tiré sur les appelés, en ont tué. Nous avions «la haine» contre eux. Ces gens ont appliqué les mêmes méthodes de terreur qu'avait appliquées le FLN, la terre brûlée.

    Et maintenant ? 

    Les cérémonies du 19 mars, c'est important pour ne pas oublier tous ces jeunes morts pour rien. Notre génération disparaît. Est-ce que le relais sera pris de ce devoir de mémoire ? Si certaines personnes arrivaient au pouvoir, prochainement, le 19 mars n'aurait pas beau temps. Déjà une plaque posée à Toulouse, sur le pont du canal, en haut de la rue Bayard, a été enlevée plusieurs fois. Ici, au village, on a inscrit sur la même plaque le souvenir des 3 guerres, «ils» n'oseront pas l'enlever.

    La Dépêche du Midi

    SOURCE : http://www.ladepeche.fr/article/2017/03/18/2538109-19-mars-1962-alain-bertrand-raconte.html

    Alain Bertrand écrit :

    Un camarade A.C. du village voisin dont le frère est mort en Algérie m'a donné une copie de la lettre que ses parents ont reçu après la terrible nouvelle. Celui-ci avait été mobilisé après son frère mon ami. J'en fais part car elle m'a beaucoup touché et révolté en même temps de par cette injustice. Je trouve qu'ils ont cher payé cette attaque : 2 morts, plusieurs blessés ; bien sûr on peut toujours épiloguer, ça ne changera rien. J'ai recopié la copie car certains mots étaient presque illisibles (vieux documents...... comme nous).

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