• 2022, une année mémorielle française très algérienne

     

    2022, une année mémorielle française

    très algérienne

    2022, une année mémorielle française très algérienne

    Des Parisiens lisent l'édition de « France-Soir » annonçant, le 19 mars 1962, qu'un cessez-le-feu a été conclu à Evian.

    2022, une année mémorielle française très algérienne

     

     

     

     

     

    Par Jean-Dominique Merchet 

    Le soixantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie tombe trois semaines avant le premier tour de la présidentielle

    Les faits -

    Outre le 17 décembre, bicentenaire de la naissance de Louis Pasteur, l’un des inventeurs de la vaccination, alors que la planète aborde l’année nouvelle en pleine pandémie, 2022 sera année mémorielle politiquement risquée, autour de la question de la fin de la colonisation et de la guerre d’Algérie, en 1962.

    Attention, date dangereuse ! L’année 2022 sera marquée par le soixantième anniversaire de la fin de la colonisation française en Algérie. La commémoration des accords d’Evian et du cessez-le-feu en Algérie (18 et 19 mars 1962) interviendra trois semaines avant le premier tour de l'élection présidentielle. Difficile d’y échapper, alors que les questions identitaires liées au passé colonial reviennent en force dans les discours de la droite et de l’extrême-droite. Pour Emmanuel Macron, président et (vraisemblablement) candidat, l’exercice est à haut risque. Tout geste, tout propos risquent d’enflammer le débat politique, d’autant que les relations avec l’Algérie restent compliquées.

    « A l’Elysée, l’idée est sans doute de ne pas trop en faire, en attendant de voir jusqu’où les candidats de droite et les Algériens feront monter la pression sur cette question », indique un interlocuteur de la présidence sur les questions mémorielles. Wait and see, surtout que le chef de l’Etat peut estimer que l’essentiel a été fait en 2021. La publication du rapport de l’historien Benjamin Stora a été une étape importante dans la politique de « reconnaissance » des pages noires de l’histoire, à défaut d’une « repentance » mais dans le souci d’une « réconciliation des mémoires ».

    En septembre, Emmanuel Macron a ainsi demandé pardon aux harkis, puis il a participé aux cérémonies commémorant les massacres du 17 octobre. Après avoir reconnu la responsabilité des autorités françaises dans la disparition des militants pro-indépendance Maurice Audin et Ali Boumendjel, le président de la République a tenu, le 23 décembre, sa promesse de faciliter l’accès aux archives judiciaires de cette période. En 2020, il avait permis la restitution symbolique à l’Algérie des restes mortuaires de 24 combattants algériens du XIXe siècle.

    Corde raide. Ces gestes ont toutefois été gâchés par une déclaration malencontreuse du chef de l’Etat, rapportée par Le Monde début octobre, dans laquelle il mettait en doute l’existence d’une nation algérienne avant la colonisation. En novembre, il a dû faire amende honorable, en « regrettant les malentendus ». Emmanuel Macron sait qu’il marche sur une corde raide dès lors qu’il aborde le sujet algérien : sa campagne de candidat en 2017 avait été secouée par ses propos sur la colonisation, alors qualifiée de crime contre l’humanité.

    Que faire, donc, de cette date symbolique du 19 mars ? Depuis une loi de décembre 2012, c’est officiellement la « journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ». Preuve de la complexité de la situation, il existe une autre date de commémoration, le 5 décembre, qui est depuis 2003 la « journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie ». Sauf que le 5 décembre ne correspond à rien... à part à la date d’inauguration d’un monument par Jacques Chirac en 2002, quai Branly.

    Reste le cas de Gisèle Halimi, féministe et avocate de la cause algérienne, dont Emmanuel Macron a refusé l’entrée au Panthéon en même temps que Josephine Baker. L’Elysée a promis qu’un « hommage » lui serait rendu aux Invalides « début 2022 »

    En revanche, le 19 mars 1962 est une date lourde de symboles. La veille, le gouvernement français et celui, provisoire, de l’Algérie, signaient à Evian (Haute-Savoie), des accords mettant fin à la guerre l’Algérie avec la mise en œuvre du cessez-le-feu le lendemain. C'était la victoire politique du FLN algérien, la perspective de l’indépendance, officiellement proclamée le 5 juillet, et la fin de la guerre pour les appelés du contingent – les anciens combattants d’aujourd’hui. Mais ce fut aussi le signal de l’exode pour environ un million de pieds-noirs, alors que les violences ne cessaient pas. (PS. Vous oubliez d’évoquer la responsabilité de l’OAS M. Mermet) Le sort tragique des harkis ou le massacre d’Oran, parmi d’autres, restent des plaies non cicatrisées chez beaucoup.

    Côté algérien, on célèbre au contraire la victoire face à un colonisateur installé dans le pays depuis 1830. Difficile de trouver les mots justes, à 22 jours d’une élection présidentielle, quand plusieurs millions de Français se sentent encore personnellement concernés par ces événements.

    Reste le cas de Gisèle Halimi, féministe et avocate de la cause algérienne, dont Emmanuel Macron a refusé l’entrée au Panthéon en même temps que Josephine Baker, le 30 novembre dernier. L’Elysée a promis qu’un « hommage » lui serait rendu aux Invalides « début 2022 », mais l’un de ses fils a récemment fait part au Monde de son « inquiétude » face aux silences de la présidence de la Présidence.

    Enfin, 2022 est le centenaire de la pose de la première pierre de la Grande Mosquée de Paris, le 19 octobre 1922. Financée par l’Etat, il s’agissait alors d’un geste à l'égard des soldats de confession musulmane tombés durant la Première Guerre mondiale. Les politiques s’y précipiteront-ils cette année, alors que l’organisation de l’Islam en France, dont la Grande Mosquée est un acteur important, reste un casse-tête ?

    Posture difficile. La mémoire algérienne française est d’autant plus sensible qu’elle s’inscrit parallèlement dans le cadre des relations bilatérales avec l’Algérie. La réduction par la France du nombre de visas est très mal perçue sur l’autre rive de la Méditerranée. Les tensions très sérieuses entre l’Algérie et le Maroc mettent la diplomatie française dans une posture difficile, ne pouvant choisir entre Rabat et Alger. Surtout, la dégradation de la situation au Mali (voisin de l’Algérie) est dans tous les esprits. Malgré la visite de Jean-Yves Le Drian à Alger, le 8 décembre, les vols militaires français ne peuvent toujours pas emprunter l’espace aérien algérien. A Paris, on redoute un rapprochement entre Alger et Moscou, alors que la société militaire privée russe Wagner s’installe au Mali.

    Très politique également devrait être la poursuite de l’initiative Portraits de France, confiée à l’historien Pascal Blanchard. Il s’agit, pour l’Elysée, de mettre en avant la « diversité » de notre pays, comme lors des cérémonies autour de Josephine Baker. Un rendez-vous est prévu le 4 avril.

    On pourrait également voir resurgir la question de Vichy et de la Shoah – une réponse à la candidature Zemmour. Le 27 mars marque en effet le 80e anniversaire du premier train de déportés juifs à destination d’Auschwitz, depuis la gare de Compiègne. La commémoration des rafles de 1942 interviendra en juillet, après la présidentielle.

    SOURCE : https://www.lopinion.fr/politique/2022-une-annee-memorielle-francaise-tres-algerienne 

    Ne noyons pas le poisson

    2022, une année mémorielle française très algérienne

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le point de vue de Jacques CROS

     2022, une année mémorielle française très algérienne

    2022 sera l’année du 60ème anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. Une guerre qui a duré plus de 7 ans et qui s’inscrivait dans les 132 ans de colonialisme que ce pays situé de l’autre côté de la Méditerranée a vécus

    Une guerre qui ne voulait pas dire son nom, on parlait seulement d’événements et l’armée française ne faisait officiellement que maintenir l’ordre et assurer la sécurité. On sait que ce n’était pas la réalité et ce conflit a causé bien des souffrances, avec des degrés divers, selon les protagonistes et les circonstances particulières qui ont été les leurs.

    Le 19 mars 1962 c’était le cessez-le-feu, une date incontournable au point de vue historique et il serait hautement souhaitable qu’elle soit commémorée avec toute la dimension qu’elle mérite. D’ailleurs le Parlement a choisi le 19 mars comme journée de recueillement.

    Il va de soi qu’en 2022 ce 60ème anniversaire d’une telle journée prend un relief exceptionnel ! Aussi il ne faudrait pas embrouiller la situation avec des dates concurrentes telle le 5 décembre ou d’autres encore.

    Il ne faudrait pas évacuer ce que représentera ce 19 mars 2022 comme reconnaissance de la sortie d’un conflit que certains se refusent toujours à analyser. Il était anachronique, injuste et n’offrait d’autre perspective que l’indépendance de l’Algérie. Il aurait été préférable qu’on ait plus tôt conscience de l’absurdité de ce qui se passait, on aurait évité bien des drames.

    Soixante ans après ayons un regard lucide sur ce qui s’est déroulé alors. Ne prenons pas prétexte du sort que l’on a fait subir à certains, en refusant de reconnaître qu’on s’était mis en travers de l’histoire. Il y a eu des conséquences douloureuses et même cruelles pour ceux qui se sont trouvés dans ce chaos indescriptible.

    Ne fuyons pas les responsabilités qui sont celles de notre pays qui  a entretenu la confusion sur la nature de cette guerre. Ne continuons pas à nous  voiler la face sur le rôle qu’on nous a fait jouer. Exigeons qu’en cette année 2022 soient commémorées comme il se doit la paix et l’amitié.

    Et n’obscurcissons pas les nécessités avec des atermoiements qui n’ont qu’un but, éviter que s’expriment d’autres voix que celles de la domination militaire telle qu’on les entend encore, aggravées par le racisme et la xénophobie.

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/6574975-Ne-noyons-pas-le-poisson#c27313043 

     

     

     

    « Quand les médias français mentent pour exacerber le racisme et l’islamophobieUN CONSTAT »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 31 Décembre 2021 à 10:33

    Il n'y a pas que Macron qui essaie de "noyer le poisson" avec la profusion de dates envisagées pour commémorer la gin d'une guerre qui avait pour objectif de perpétuer le colonialisme. Le 19 mars 2022 serait ainsi, en partie du moins, escamoté par e 5 décembre, le 25 septembre, le 11 novembre peut-être, le 18 octobre qui sait...

    Et n'oublions pas la mention "Morts pour la France" dont on honore les victimes de l'incompréhension criminelle de nos dirigeants politiques de l'époque et de leurs héritiers.

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