• Arnaud Montebourg : "L'Algérie, le pays de ma mère" COMPLEMENT DU PREMIER ARTICLE CONCERNANT ARNAUD MONTEBOURG EN ALGERIE

    Arnaud Montebourg : "L'Algérie, le pays de ma mère"

     

    Arnaud Montebourg : "L'Algérie, le pays de ma mère" COMPLEMENT DU PREMIER ARTICLE CONCERNANT ARNAUD MONTEBOURG EN ALGERIE

    Arnaud Montebourg : vue sur la ville blanche et son port, dimanche 11 décembre 2016.

     Baptiste Giroudon

    Paris Match a accompagné l'ancien ministre à Alger et à Oran, où le candidat à la primaire socialiste a été défendre l'idée d'une société multiculturelle et apaisée.

    Arnaud Montebourg regarde la fresque qui fait la fierté de ce petit bout de casbah, le mythique quartier populaire d'Alger. Deux visages de jeunes combattants devant le drapeau algérien et, au milieu, ce slogan: «Le seul héros c'est le peuple.» «C'est bien la loi de l'Histoire», acquiesce-t-il. Sur ses terres ancestrales, le «Saint-Just du PS», son surnom d'autrefois, est venu préparer sa rencontre avec les Français. Celle qui, en cas de succès à la primaire de la gauche, le propulsera vers l'élection présidentielle. En secret, il n'a jamais cessé d'en rêver.

    Le temps d'un week-end, Arnaud Montebourg est donc venu écrire le premier chapitre de son récit: les origines. Direction Oran où, il y a quelques mois, est mort son grand-oncle, Baroudi Ould Cadi. Il avait 92 ans. Arnaud Montebourg est heureux de faire savoir qu'il est le fils de Leïla Ould Cadi, professeur d'espagnol née à Oran, et de Michel Montebourg, agent des impôts venu de la région d'Autun (Saône-et-Loire). Il veut saluer sa famille avec son équipe de campagne.

     

    Arnaud Montebourg : "L'Algérie, le pays de ma mère" COMPLEMENT DU PREMIER ARTICLE CONCERNANT ARNAUD MONTEBOURG EN ALGERIE

    Arnaud Montebourg avec ses cousins chez Rokha, sa grand-tante (assise), devant le portrait de leur aïeul. © Baptiste Giroudon / Paris Match

    Dans une jolie villa du quartier résidentiel, à l'ombre d'un grand palmier, les cousines, Zora et Farida, et leur mère, Rokha, ont préparé thé à la menthe et cornes de gazelle. Même Ali, le cousin viticulteur qui fait pousser des amandiers près du village d'El Amria, a fait le déplacement. «Oui, mon grand-père était un Arabe et j'en suis fier », nous confie Montebourg, grand gaillard... mais petit garçon en présence de ses parents éloignés. La figure de Khermiche Ould Cadi a marqué l'enfant qui se souvient encore des vacances passées dans la maison des Merles, au pied du mont Beuvray où l'ancêtre avait fini par s'installer. «Au village, c'était : 'Bonjour Monsieur Cadi!' Je le revois encore avec son béret, se souvient-il. Les plantes, les animaux, les bois... il m'a beaucoup appris. Y compris certains jurons en arabe! Mais c'était aussi un grand orateur.»

    Montebourg est issu de ce mélange. Un grand-père, ancien sous-officier fait prisonnier durant la Seconde Guerre mondiale, près de Chaource (Aube). Puis membre du FLN, nous assure-t-il, il a été arrêté par l'armée française et, pendant la guerre d'indépendance, s'est retrouvé encerclé par les parachutistes «dans sa ferme de Dombasle, soupçonné à juste titre de cacher des armes et des vivres», racontait-il dans « Des idées et des rêves» (éd. Flammarion, 2010). Mais aussi un père appelé sous les drapeaux afin de servir en Algérie. Une famille qui, pour se moquer d'elle-même, se décrit sous le vocable d'« arabo-morvandelle ». Le patriotisme dont il a fait sa marque de fabrique s'est nourri de ces récits. L'expérience du racisme, aussi. L'adolescent Montebourg l'a touchée du doigt à travers sa mère. «Elle en a souffert, reconnaît sa compagne Aurélie Filippetti. Trop française pour les Arabes, trop arabe pour les Français.» Il précise: «Roumi pour les Algériens, arabe pour les Français... » Et évoque des «narrations douloureuses ». Sur la délicate question mémorielle, Montebourg a choisi son camp : celui de la réconciliation. «Ni repentance ni glorification, dit-il. Regardons vers l'avenir car, de toute façon, l'Histoire a rendu son verdict.»

    Message parfaitement reçu à Alger, dont Montebourg est venu clairement chercher le soutien. Au siège du FLN, le parti au pouvoir depuis cinquante ans, le numéro un, Djamel Ould Abbès, lui donne du «Monsieur le futur président». Autre signe d'attention du régime, le « citoyen» Montebourg, débarrassé de tous ses mandats, est reçu officiellement par le ministre des Affaires étrangères et a droit à une escorte policière. Son objectif affiché: s'attirer les voix des Algériens en France. «Avec la gauche, c'est la brouille la plus totale», observe François Kalfon, le directeur de sa campagne. De l'abandon du droit de vote des étrangers à la déchéance de nationalité pour les binationaux, l'incompréhension s'est installée. A Alger, Montebourg court donc les médias, largement diffusés en France, en proposant un «partenariat d'égal à égal». Sur la route de l'élection suprême, l'ex-ministre du Redressement productif a encore besoin d'être pris au sérieux.

    CI-DESSOUS NOTRE PREMIER ARTICLE

    Arnaud Montebourg : "L'Algérie, le pays de ma mère" COMPLEMENT DU PREMIER ARTICLE CONCERNANT ARNAUD MONTEBOURG EN ALGERIE

    Après les faussaires de l'Histoire coloniale (notre article précédent) quittons vite cet air pollué et pour notre plaisir… prenons l'air du grand large avec Arnaud Montebourg et Guy Bedos pour retourner en Algérie. 

    Après les faussaires de l'Histoire coloniale (notre article précédent) prenons l'air du grand large avec Arnaud Montebourg et Guy Bedos et retournons en Algérie

     

    La quête algérienne de Montebourg

     

    Après les faussaires de l'Histoire coloniale (notre article précédent) prenons l'air du grand large avec Arnaud Montebourg et Guy Bedos et retournons en Algérie

    Arnaud Montebourg à Oran, samedi. RYAD KRAMDI / AFP

    Le candidat à la primaire de la gauche Arnaud Montebourg était en Algérie ces derniers jours, pour une étape de campagne... et un retour aux sources.

    «Vous allez trouvez une oreille très attentive ici, Monsieur le futur président.» À l'ombre d'un grand (et vieux) portrait d'Abdelaziz Bouteflika, le président algérien, Arnaud Montebourg est aux anges : le voilà intronisé par Djamel Ould Abbès, le numéro 1 du FLN, principal et historique parti du pays. En quête de stature présidentielle, le candidat à la primaire des 22 et 29 janvier n'est pas rentré les mains vides de son périple à Alger où les autorités l'ont plutôt bien accueilli durant tout le weekend. Arnaud Montebourg, fils de Leila Ould Cadi native d'Oran et de Michel Montebourg, né près d'Autun, est presque perçu ici comme un fils. «Un jour que Francois Hollande me présentait à Bouteflika, le président lui a répondu qu'il me connaissait déjà : vous auriez vu la tête de Hollande...», se marre l'ancien ministre du Redressement productif.

    Après les faussaires de l'Histoire coloniale (notre article précédent) prenons l'air du grand large avec Arnaud Montebourg et Guy Bedos et retournons en Algérie

     Arnaud Montebourg et Guy Bedos dans la Casbah d'Alger, dimanche. © RYAD KRAMDI / AFP

    Khemiche, le grand père, ancien tirailleur, a basculé ensuite dans les rangs de l'ALN durant la guerre d'indépendance. A Oran, Montebourg a d'ailleurs passé quelques heures auprès de Rokha, la grande tante et de ses cousines Farida et Zora. Lui le grand gaillard au milieu de ces parents éloignés, «on aurait dit un petit enfant», glisse un de ses proches. De cette alliance entre les deux rives de la Méditerranée, Montebourg tire ainsi une approche apaisé de la douloureuse question mémorielle : «Elle ne doit pas entraver la construction de l'avenir et, au final, l'Histoire a tranché...» De quoi séduire Alger qui, d'après un diplomate français, «regarde de près la primaire de la gauche en France». Manuel Valls n'y a pas la côte notamment depuis que, lors de sa visite en avril 2015, le Premier ministre a publié des photos montrant un Bouteflika affaibli; Benoît Hamon n'est pas vraiment connu. Et il y a Montebourg venu vanter les bénéfices économiques et politiques du «partenariat d'exception» qu'il souhaite avec Alger. «Moi, j'ai mon triple A : Allemagne, Algérie, Afrique!», lance-t-il, adressant de gros clins d'oeil aux millions d'électeurs issus de l'immigration algérienne en France.

    D'où un petit tour à la Casbah. Dans une douceur quasi printanière, voilà l'«Arabo-Morvandiaux» (tel qu'il se définit lui même) qui déambule dans les ruelles du mythique quartier populaire d'Alger, entre petits ateliers d'artisans et vendeurs à la sauvette, sous l'oeil de la sécurité algérienne omniprésente. La carte postale est magnifique. «Vous êtes Montebourg?, l'interpelle soudainement un vieil habitant du quartier. On se connait par tube cathodique interposé. On vous souhaite une trajectoire ascendante.» Le soir même, les télévisions locales diffuseront les images en France dans les appartements connectés en permanence sur la vie en Algérie. Avec le secret espoir de susciter un élan de sympathie qui, le jour venu, pourra être utile à son ascension. Car, pointe François Kalfon son directeur de campagne, «depuis Hollande et Valls c'est la brouille totale entre la gauche et cette partie-là de l'électorat».

    Après les faussaires de l'Histoire coloniale (notre article précédent) prenons l'air du grand large avec Arnaud Montebourg et Guy Bedos et retournons en Algérie

    Avec Guy Bedos, dans les rues d’Alger, dimanche (Photo AFP et Libération). Dans les ruelles de la Casbah, le cortège attire le regard des plus âgés. Policiers, agents des renseignements en tenue civile, staffs en costume cravate entourent Arnaud Montebourg rejoint par Guy Bedos. 

    Avec son passé et son discours, Montebourg joue donc sa carte. Tout en soignant son costume de présidentiable. L'ambassadeur de France l'invite même à sa résidence, la célèbre villa des Oliviers, qui offre une vue à couper le souffle sur la baie d'Alger. Montebourg prend le temps de s'arrêter devant les bustes du général de Gaulle, les photos de son arrivée en libérateur au printemps 1943. Dans la cour, Guy Bedos, natif d'Algérie, lui tombe dans les bras et se met à chuchoter : «Valls est de gauche comme moi je suis d'extrême droite», grogne le vieil humoriste anti raciste. Montebourg lui a même proposé de devenir président de son comité de soutien pour la primaire, que le candidat aborde non sans confiance. La candidature de Vincent Peillon? «C'est un philosophe, tant mieux si cela élève la qualité des débats et favorise la participation», confie Montebourg, persuadé que cette candidature ne viendra pas, malgré tout, brouiller l'affiche de janvier dont il rêve : Montebourg face à Valls. «C'est une candidature tactique, Vincent débarque et moi j'ai déjà pris de l'avance», confie l'ancien ministre qui désormais à l'oeil rivé sur les moments clefs de la primaire : les trois débats télévisés précédents le premier tour du 22 janvier.

    SOURCE : http://www.parismatch.com/Actu/Politique/La-quete-algerienne-de-Montebourg-1141718 

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